Le Kremlin veut relancer les négociations de paix sur la base de l'accord avorté de 2022
Le Kremlin veut relancer les négociations de paix sur la base de l'accord avorté de 2022

MOSCOU – Le Kremlin a annoncé dimanche que toute future négociation de paix avec l’Ukraine, comme récemment proposée par le président Vladimir Poutine, devra tenir compte à la fois du projet d’accord de 2022 entre Moscou et Kiev, resté lettre morte, et de la réalité actuelle du terrain, à savoir le contrôle russe sur près d’un cinquième du territoire ukrainien.

Quelques heures après que Poutine a invité Kiev à des pourparlers directs « sans conditions préalables », Iouri Ouchakov, conseiller du Kremlin pour les affaires étrangères, a précisé que Moscou considérait le projet d’accord de 2022 – le « Communiqué d’Istanbul » – comme une base de travail sérieuse. Ce texte avait été négocié dans les premiers mois de la guerre, notamment à Istanbul, après une série de rencontres en Biélorussie.

Selon une version consultée par Reuters, le projet prévoyait que l’Ukraine accepte une neutralité permanente, non nucléaire et un retrait de ses ambitions d’intégration dans l’OTAN, en échange de garanties de sécurité offertes par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que par plusieurs autres puissances régionales.

Au cœur du blocage à l’époque : l’engagement attendu des États-Unis et de leurs alliés à défendre militairement l’Ukraine en cas de nouvelle agression russe. Washington avait exprimé de fortes réserves, craignant de s’enfermer dans une confrontation directe avec Moscou.

Le projet évoquait également une possible voie d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, ainsi que des restrictions sur la taille de ses forces armées et l’abrogation de lois perçues comme discriminatoires envers les russophones, conditions exigées par la Russie.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réagi prudemment à l’offre de Poutine, se disant ouvert au dialogue, mais seulement après la mise en place d’un cessez-le-feu immédiat, exigence également soutenue par les grandes puissances européennes. Le Kremlin, de son côté, rejette toute forme d’ultimatum préalable aux négociations.

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