Le Groenland réclame davantage de retombées de son accord de défense avec les États-Unis
Le Groenland réclame davantage de retombées de son accord de défense avec les États-Unis

BRUXELLES – La ministre des Affaires étrangères du Groenland, Vivian Motzfeldt, a déclaré jeudi que son territoire autonome souhaitait obtenir plus de bénéfices de l’accord de défense signé avec les États-Unis en 1951, tout en renforçant ses liens avec l’Union européenne. Dans un contexte géopolitique tendu, elle a réaffirmé la volonté du Groenland de maîtriser son avenir et de diversifier ses partenariats internationaux.

L’accord de 1951 entre Washington et Copenhague autorise les États-Unis à établir des bases militaires sur le sol groenlandais, à condition d’en informer les autorités danoises et groenlandaises. Mais selon Motzfeldt, cet arrangement n’est plus suffisant : « Nous voulons tirer davantage de cet accord », a-t-elle affirmé dans une interview à Reuters, en appelant à une coopération élargie avec les États-Unis, notamment dans les domaines du changement climatique, de l’éducation et du développement économique.

Sa visite à Bruxelles visait à consolider les relations du Groenland avec l’Union européenne, à travers une coopération plus directe et visible. Elle a mis l’accent sur le rôle stratégique du Groenland dans les chaînes d’approvisionnement en matières premières critiques, alors que l’UE et le territoire ont signé en 2023 un partenariat stratégique pour développer des chaînes de valeur durables dans ce domaine.

Les déclarations de Motzfeldt interviennent alors que les tensions politiques entre le Groenland, le Danemark et les États-Unis se sont intensifiées. En mars, le vice-président américain JD Vance a créé l’émoi en accusant le Danemark de négliger la sécurité de l’île et en suggérant que les États-Unis pourraient mieux en assurer la protection. Une allusion jugée intrusive, dans la droite ligne des propos de Donald Trump, qui avait évoqué en 2019 son désir d’acheter le Groenland, sans exclure une prise de possession par la force.

Face à cette pression, la ministre a salué le soutien affiché par Bruxelles. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a récemment affirmé que les choix politiques concernant l’avenir du Groenland devaient revenir exclusivement à sa population. « L’UE est là pour nous », a insisté Motzfeldt. « L’avenir du Groenland dépend du peuple groenlandais. »

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