Le Ghana a officiellement exprimé son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara occidental, le considérant comme « la seule base réaliste et durable » pour une résolution du conflit, dans le cadre des Nations unies. Cette prise de position, annoncée jeudi dans un communiqué conjoint publié à l’issue d’une rencontre entre les chefs de la diplomatie des deux pays à Rabat, aligne Accra sur une dynamique diplomatique de plus en plus favorable à la position marocaine.
Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a affirmé que l’ONU devait rester « le cadre exclusif » pour parvenir à une solution à ce différend territorial vieux de plusieurs décennies. Le Maroc considère le Sahara occidental comme une partie intégrante de son territoire, tandis que le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, réclame l’indépendance de cette vaste région désertique.
Cette déclaration du Ghana intervient quelques jours après des annonces similaires du Kenya et du Royaume-Uni, illustrant un basculement croissant dans les équilibres diplomatiques régionaux et internationaux en faveur du plan marocain, qui propose une autonomie sous souveraineté marocaine.
Au-delà de cette question géopolitique, le Ghana et le Maroc ont convenu de renforcer leur coopération dans plusieurs domaines. Un accord d’exemption de visa est en cours de négociation, et les deux pays souhaitent développer leur collaboration en matière de défense et de sécurité alimentaire.
Le Maroc, qui abrite l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), figure parmi les leaders mondiaux de la production d’engrais. Le Ghana compte sur cette coopération pour soutenir sa filière cacao et réduire ses importations alimentaires, estimées à 3 milliards de dollars par an.
Accra a également réaffirmé son soutien au projet stratégique du gazoduc Maroc-Nigeria, qui ambitionne de relier les ressources énergétiques de l’Afrique de l’Ouest au marché international via l’Atlantique. Ce projet inclut aussi une dimension de désenclavement des pays sahéliens.
La position du Ghana, saluée par le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita, « contribuera à renforcer la coopération bilatérale ». Le soutien au plan d’autonomie, validé par les États-Unis en 2020 et par la France en 2024, marque une consolidation notable de l’approche diplomatique marocaine sur le dossier du Sahara occidental.