Le Canada envisage de reconnaître l'État palestinien, suivant les pas de la France et du Royaume-Uni
Le Canada envisage de reconnaître l'État palestinien, suivant les pas de la France et du Royaume-Uni

Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré mercredi qu’Ottawa envisageait de reconnaître un État palestinien lors de la prochaine session de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre, rejoignant ainsi un mouvement croissant de pressions diplomatiques occidentales sur Israël dans un contexte de crise humanitaire aggravée à Gaza.

Cette décision potentielle intervient alors que la famine se propage dans l’enclave palestinienne, exacerbant les appels à une solution politique durable au conflit israélo-palestinien. Le Canada, traditionnellement allié proche d’Israël, conditionne toutefois sa reconnaissance à des réformes substantielles de l’Autorité palestinienne, qu’il juge essentielles pour garantir la viabilité d’un futur État.

« Toute reconnaissance doit s’accompagner d’une gouvernance palestinienne renforcée, crédible et représentative », a déclaré Carney. Le Premier ministre a souligné que cette reconnaissance ne visait pas à affaiblir la sécurité d’Israël, mais à renforcer les bases d’une solution à deux États, que le Canada continue de considérer comme la seule voie vers une paix durable.

Israël et les États-Unis ont réagi avec scepticisme, affirmant que cette reconnaissance « récompense le Hamas », que Washington et Tel-Aviv considèrent comme une organisation terroriste. Le gouvernement israélien a condamné ces annonces successives comme des gestes unilatéraux qui « sapent les efforts de paix » et risquent de consolider le contrôle du Hamas à Gaza.

L’initiative canadienne intervient peu après que la France a confirmé sa propre intention de reconnaître un État palestinien. Le Royaume-Uni a quant à lui déclaré qu’il prendrait une décision similaire en septembre si les combats à Gaza n’avaient pas cessé d’ici là. Ce front diplomatique élargi met une pression croissante sur Israël, de plus en plus isolé face à ses alliés traditionnels.

Parallèlement, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff doit se rendre en Israël ce jeudi dans le but de sauver les pourparlers de cessez-le-feu à Gaza, où la situation humanitaire continue de se détériorer rapidement. La communauté internationale redouble d’efforts pour éviter une dégradation irréversible de la situation dans les territoires palestiniens.

La position du Canada, encore à l’état de réflexion officielle, pourrait toutefois marquer un tournant dans son approche historique du conflit. Une reconnaissance formelle de l’État palestinien par Ottawa renforcerait l’élan diplomatique mondial pour une solution politique au conflit, mais risque également de provoquer des tensions avec ses partenaires israéliens et américains.

Partager