Le gouvernement syrien et ses alliés régionaux ont accueilli vendredi avec satisfaction la levée définitive des sanctions américaines les plus lourdes imposées au pays depuis des décennies, une décision perçue à Damas comme un jalon clé sur la voie de la reconstruction et du redressement économique.
Ces sanctions, connues sous le nom de Caesar Act, avaient été adoptées par le Congrès américain en 2019 pour sanctionner le régime de l’ancien président Bachar el-Assad pour de graves violations des droits humains durant la guerre civile déclenchée en 2011. Après la chute de ce dernier lors d’une offensive éclair des rebelles en décembre 2024, de nombreux acteurs – y compris certains anciens partisans des sanctions – ont plaidé pour leur suppression, estimant qu’elles entravaient toute reconstruction du pays.
Le président américain Donald Trump, qui avait déjà suspendu temporairement ces mesures par décret, a validé leur abrogation définitive jeudi soir, après leur intégration au budget annuel de la défense adopté par le Congrès. Si certains parlementaires souhaitaient conditionner cette levée à des garanties sur la protection des minorités religieuses et d’autres engagements politiques, le texte final ne prévoit pas de conditions formelles, mais impose des rapports réguliers au Congrès sur la situation des droits des minorités et la lutte contre le terrorisme.
Dans un communiqué, le ministère syrien des Affaires étrangères a remercié Washington pour cette décision, affirmant qu’elle « contribuera à alléger les souffrances du peuple syrien et à ouvrir une nouvelle phase de relèvement et de stabilité ». Les autorités ont appelé les entrepreneurs syriens et les investisseurs étrangers à s’engager dans les vastes chantiers de reconstruction, dont le coût est estimé à 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.
Le gouverneur de la Banque centrale syrienne, Abdulkader Husrieh, a souligné que l’abrogation du Caesar Act faciliterait la réintégration de la Syrie dans le système financier international, notamment en permettant au pays de solliciter une première notation de crédit souveraine. « La note sera probablement basse au départ, ce qui est normal pour un pays sortant d’un conflit, mais elle offrira un cadre clair pour l’amélioration », a-t-il expliqué.
La décision américaine a également été saluée par plusieurs alliés régionaux du nouveau pouvoir syrien, notamment la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar. Le président intérimaire syrien Ahmad al-Sharaa a publiquement remercié les dirigeants de ces pays, ainsi que Donald Trump, estimant que cette évolution pourrait renforcer la stabilité et la prospérité du pays par une coopération internationale accrue.
En parallèle, le Royaume-Uni a annoncé de nouvelles sanctions ciblées contre des individus et groupes armés impliqués, selon Londres, dans des violences contre des civils en Syrie, y compris lors d’affrontements sectaires sur la côte syrienne plus tôt cette année. Ces mesures soulignent que, malgré la levée des sanctions économiques globales, la communauté internationale reste attentive à l’évolution sécuritaire et aux droits humains dans un pays encore marqué par près de quatorze années de guerre.