La présidente mexicaine rejette une proposition de Trump d’envoyer l’armée américaine contre les cartels
La présidente mexicaine rejette une proposition de Trump d’envoyer l’armée américaine contre les cartels

La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a affirmé samedi avoir repoussé une proposition du président américain Donald Trump visant à déployer des troupes américaines sur le sol mexicain dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic. Cette déclaration intervient après la parution d’un article du Wall Street Journal évoquant un échange téléphonique tendu entre les deux dirigeants le mois dernier.

S’exprimant devant des partisans dans l’est du Mexique, Sheinbaum a relaté que Trump lui aurait dit : « Comment pouvons-nous vous aider à combattre le trafic de drogue ? Je propose que l’armée américaine vienne vous aider. » Sa réponse aurait été sans appel : « Non, président Trump. » Elle a ensuite martelé : « La souveraineté n’est pas à vendre. La souveraineté s’aime et se défend. »

Interrogé à ce sujet, James Hewitt, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, a publié un communiqué rappelant que Trump avait travaillé étroitement avec le gouvernement mexicain pour assurer « la frontière sud-ouest la plus sécurisée de l’histoire ». Il a néanmoins souligné que les organisations criminelles désignées comme terroristes continuaient de menacer la sécurité des deux pays et que Washington restait prêt à intensifier sa coopération avec le Mexique.

Depuis janvier, la présence militaire américaine s’est renforcée à la frontière sud des États-Unis. Le Commandement Nord a déployé davantage de troupes, accru les vols de surveillance pour surveiller les trafics de fentanyl, et sollicité une extension des autorisations pour que les forces spéciales américaines puissent coopérer plus étroitement avec les autorités mexicaines.

Le 19 février dernier, l’administration Trump a désigné plusieurs gangs et cartels comme organisations terroristes étrangères, une mesure permettant de limiter leur mobilité et de donner de nouveaux outils aux forces de l’ordre américaines pour les combattre.

Mais les propos de Sheinbaum samedi montrent que toute tentative d’intervention militaire unilatérale pourrait compromettre la coopération bilatérale en matière de sécurité, d’immigration et de commerce. « Nous pouvons travailler ensemble, mais vous sur votre territoire et nous sur le nôtre », a-t-elle conclu.

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