Iran : l’ayatollah Khamenei réapparaît en public pour la première fois depuis la guerre contre Israël
Iran : l’ayatollah Khamenei réapparaît en public pour la première fois depuis la guerre contre Israël

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a fait samedi sa première apparition publique depuis le début de la guerre de douze jours entre l’Iran et Israël, lors d’une cérémonie religieuse à la veille d’Achoura, événement majeur du calendrier chiite. Retransmise par la télévision d’État, cette apparition à Téhéran, dans une mosquée attenante à sa résidence officielle, intervient après une longue absence remarquée du dirigeant de 86 ans, resté caché pour raisons de sécurité pendant le conflit.

Aucun discours public n’a été immédiatement rapporté, mais la présence de hauts responsables, dont le président du Parlement, a été confirmée. L’événement s’est tenu sous très haute surveillance. Durant les hostilités, Khamenei aurait été placé dans un bunker, alors que sa sécurité était jugée particulièrement menacée, notamment après les frappes américaines sur trois sites nucléaires iraniens.

Ce conflit, déclenché par une attaque israélienne préventive contre les infrastructures nucléaires iraniennes, a coûté la vie à plus de 900 Iraniens, selon les autorités, et causé des milliers de blessés. Des sites sensibles ont été gravement endommagés, bien que l’ampleur exacte des dégâts reste floue. L’Iran a refusé depuis toute inspection de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et son président a ordonné mercredi la suspension de la coopération avec l’organisme onusien.

En représailles, Téhéran a tiré plus de 550 missiles balistiques contre Israël. La majorité a été interceptée, mais 28 personnes ont perdu la vie et plusieurs zones ont subi des dommages importants. Khamenei, dans un message enregistré diffusé le 26 juin après le cessez-le-feu, avait revendiqué une « gifle au visage de l’Amérique » après une attaque iranienne contre une base militaire américaine au Qatar. Le président Donald Trump avait alors répliqué : « Vous avez pris une sacrée raclée. »

La cérémonie religieuse de samedi commémorait le martyre de Hussein, petit-fils du prophète Mahomet, dont la mort au VIIe siècle lors de la bataille de Karbala a marqué la scission entre sunnites et chiites. À Téhéran, des foules vêtues de noir, portant des bannières rouges et noires, ont participé à des processions ponctuées de chants, de battements de poitrine et de flagellations symboliques, dans une chaleur intense.

Parallèlement, des perturbations majeures d’internet ont été signalées samedi soir à travers le pays. Le groupe de surveillance NetBlocks a confirmé sur la plateforme X une interruption significative de la connectivité, faisant écho à de nombreuses plaintes d’utilisateurs. Ce nouvel épisode survient quelques semaines après des coupures de télécommunications ordonnées par les autorités pendant la guerre, illustrant une fois de plus le contrôle étroit de l’information en période de crise.

Alors que les tensions régionales demeurent vives, la réapparition de Khamenei vise probablement à réaffirmer son autorité et à stabiliser l’image du pouvoir après une guerre coûteuse tant sur le plan humain que diplomatique. Reste à savoir si l’Iran acceptera de reprendre les négociations sur son programme nucléaire, dans un climat de méfiance renforcé.

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