Les tensions diplomatiques entre Paris et Moscou franchissent un nouveau palier. Ce mercredi, la Russie a annoncé avoir convoqué l’ambassadeur de France à Moscou, Nicolas de Rivière, pour protester contre la brève détention d’une employée du ministère russe des Affaires étrangères dans un aéroport français. L’incident, survenu dimanche 6 avril à l’aéroport Charles-de-Gaulle, alimente une crise déjà bien installée entre les deux pays.
Une journée en zone d’attente pour une diplomate russe
Selon la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, cette fonctionnaire faisait partie d’une délégation officielle. Elle aurait été retenue « sans explication » par les services frontaliers français, qui lui auraient confisqué son téléphone et son ordinateur. Un agent consulaire russe a rapidement été dépêché sur place, mais l’employée a dû passer près de 24 heures dans la zone d’attente avant d’être autorisée à entrer en France.
« Ce qui s’est passé est inexplicable », a fustigé Maria Zakharova lors de son briefing hebdomadaire, dénonçant une violation des usages diplomatiques et des règles de courtoisie internationale. Moscou a exprimé sa « vive protestation » à l’ambassadeur français lors de sa convocation, à une date qui n’a pas été précisée.
Un climat déjà lourd entre Paris et Moscou
Cet incident s’ajoute à une série de différends entre les deux capitales. La France accuse régulièrement la Russie de campagnes de désinformation et d’actions de déstabilisation sur son sol. En retour, Moscou dénonce le soutien militaire et diplomatique apporté par Emmanuel Macron à l’Ukraine depuis le début de l’invasion en février 2022.
En octobre dernier, un chercheur français, Laurent Vinatier, avait été condamné à trois ans de prison à Moscou pour « activité d’un agent de l’étranger », ce que Paris avait qualifié de « condamnation arbitraire ». « Nous n’avons pas l’intention de laisser cette situation sans conséquences », a prévenu Mme Zakharova, laissant planer la menace de mesures de rétorsion diplomatique. La diplomatie française n’a pas encore officiellement réagi à ces déclarations.