Le nouveau chancelier allemand Friedrich Merz a entamé mercredi son premier déplacement officiel à l’étranger avec des visites à Paris et Varsovie, marquant une volonté affirmée de renforcer l’unité européenne face aux défis géopolitiques actuels. Ce choix stratégique, conforme à la tradition allemande, vise à souligner l’importance des relations avec les voisins clés de l’Allemagne à l’ouest et à l’est, dans un contexte international tendu par la guerre en Ukraine et les tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et l’Europe.
Merz, qui a été élu mardi au Bundestag après un échec inédit au premier tour – une première dans l’histoire allemande d’après-guerre –, a souhaité placer son entrée en scène internationale sous le signe de la coopération continentale. Il a rapidement affiché sa volonté de s’aligner avec ses homologues français et polonais pour soutenir l’Ukraine et faire front commun contre les politiques commerciales agressives du président américain Donald Trump.
Le duo formé par Friedrich Merz et Emmanuel Macron pourrait redynamiser l’axe franco-allemand, longtemps considéré comme le moteur de l’Union européenne. Ces derniers mois, les relations entre Berlin et Paris avaient perdu de leur élan, en raison de préoccupations internes dans les deux pays. Mais les deux dirigeants, tous deux défenseurs de l’intégration européenne, cherchent à insuffler une nouvelle énergie à cette alliance, alors que l’UE fait face à des pressions croissantes exercées par Vladimir Poutine et Donald Trump.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a souligné que cette rencontre visait à relancer ce qu’il a appelé le « moteur franco-allemand ». Selon lui, la coopération avec Merz devrait être plus fluide qu’avec son prédécesseur, et Paris espère obtenir un soutien plus affirmé de Berlin pour une hausse des dépenses européennes de défense, dans un contexte où l’engagement des États-Unis envers la sécurité du continent semble s’amenuiser.
Ce déplacement intervient à une date hautement symbolique : le 7 mai marque le 80e anniversaire de la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le face-à-face entre Macron et Merz, troisième chancelier allemand que le président français reçoit depuis le début de son mandat, prend ainsi une dimension historique forte. Cette rencontre entre deux pays autrefois ennemis, désormais piliers de l’Union européenne, s’inscrit dans une mémoire collective marquée par les tragédies des guerres mondiales.
Merz doit également s’entretenir avec le Premier ministre polonais Donald Tusk. Ces rencontres interviennent alors que d’autres dirigeants européens, tels que le président Macron ou le Premier ministre britannique Keir Starmer, ont récemment organisé des sommets sur la sécurité du continent et la situation en Ukraine, marginalisant les tentatives américaines de négocier directement avec la Russie sans consulter les alliés européens.