Le président américain Donald Trump a adressé un avertissement sévère aux groupes classés terroristes en Somalie, affirmant avoir levé les « dangereuses restrictions bureaucratiques » imposées par l’administration de l’ancien président Joe Biden, qui limitaient les capacités des forces américaines à cibler les terroristes dans ce pays africain.
Dans un message publié sur sa plateforme de médias sociaux Truth Social, Trump a mis en garde contre l’infiltration des Houthis en Somalie pour échapper aux frappes américaines au Yémen. Il a écrit : « Le moment est venu pour les terroristes de se cacher, mais cela ne les sauvera pas. Nos combattants, les meilleurs que le monde ait jamais connus, les trouveront et les traduiront rapidement en justice. » Il a ajouté : « Je viens de me débarrasser de la dangereuse bureaucratie imposée par Joe Biden, et j’ai renforcé à nouveau la puissance de nos troupes, exactement comme je l’ai fait lors de notre guerre contre Daech, qui a été éliminé en trois semaines sous la direction du général Daniel Kane, le nouveau chef d’état-major interarmées. »
Trump avait déjà affirmé que Kane avait joué un rôle central dans l’éradication complète de Daech. Dans un discours prononcé en 2018, durant son premier mandat, Trump avait déclaré que Kane lui avait assuré qu’il était possible de vaincre Daech en une semaine.
Trump a aussi déclaré : « Nous soutiendrons le peuple somalien, qui ne doit pas permettre l’infiltration des Houthis (ce qu’ils essaient de faire !) afin d’éliminer le terrorisme et d’assurer la prospérité de leur pays », en référence aux Houthis qui ciblent les navires dans des voies navigables stratégiques et en mer Rouge, sous prétexte d’agir en solidarité avec Gaza.
Depuis des années, les États-Unis soutiennent les forces somaliennes par des frappes aériennes et d’autres formes d’aide contre le groupe Al-Shabaab, affilié à Daech. Trump a accompagné son message d’une vidéo montrant une frappe aérienne américaine sur un groupe de personnes au sol, sans préciser le lieu ni les cibles. Toutefois, la chaîne américaine Fox News a indiqué que la vidéo concernait d’anciennes frappes américaines contre les Houthis.
Message adressé à Trump
Le mois dernier, le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a adressé une lettre à Donald Trump, datée du 16 mars, dans laquelle il propose aux États-Unis un accès exclusif à des bases aériennes et ports maritimes, relançant ainsi les tensions entre le gouvernement somalien et la région séparatiste du Somaliland. La lettre, qui a fuité à la fin du mois dernier, contient une offre du président somalien d’« un contrôle opérationnel exclusif » sur les bases aériennes de Berbera et Balidogle, ainsi que sur les ports de Berbera et Bossasso, afin de « renforcer l’engagement américain dans la région », et de garantir un accès militaire et logistique continu, tout en empêchant les concurrents étrangers d’y établir une présence.
L’agence Associated Press a rapporté qu’un haut responsable du ministère somalien des Affaires étrangères, ayant requis l’anonymat, a confirmé l’authenticité du brouillon de la lettre, tout en précisant qu’il ignorait si la version finale comportait les mêmes propositions.
Le port de Berbera se situe dans une ville majeure du Somaliland, dont l’indépendance de longue date n’a jamais été reconnue au niveau international. Ancienne colonie britannique, le Somaliland s’est déclaré indépendant de la Somalie en 1991, après l’effondrement du gouvernement central à Mogadiscio. Il possède son propre gouvernement, ses forces de sécurité et sa monnaie.
La Somalie est située en face du Yémen, de l’autre côté du golfe d’Aden, ce qui confère à ce pays une importance stratégique pour les États-Unis, qui ont intensifié leur campagne militaire contre les Houthis.
Dans un rapport publié récemment, le New York Times a cité le général Michael Langley, commandant de l’US AFRICOM (Commandement des États-Unis pour l’Afrique), affirmant que « l’armée observe des signes de collusion entre le groupe somalien Al-Shabaab et les Houthis », selon son témoignage devant le Congrès la semaine dernière. Ce témoignage confirme les informations diffusées par la chaîne CNN, selon lesquelles les services de renseignement américains ont appris l’existence de discussions entre les Houthis et Al-Shabaab en vue de leur fournir des armes – un développement jugé « préoccupant et menaçant pour la stabilité régionale » par des responsables américains. CNN a ajouté que ces informations étaient alarmantes, car « cette alliance opportuniste pourrait aggraver la situation tant en Somalie que dans la mer Rouge et le golfe d’Aden ».