Un sénateur américain appelle à suspendre la coopération du renseignement avec l'Allemagne après la mise sous surveillance du parti AfD
Un sénateur américain appelle à suspendre la coopération du renseignement avec l'Allemagne après la mise sous surveillance du parti AfD

Le président républicain de la commission du renseignement du Sénat américain, Tom Cotton, a exhorté mercredi les agences de renseignement des États-Unis à suspendre leur coopération avec les services allemands, accusant Berlin d’utiliser ces ressources pour cibler l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), principal parti d’opposition d’extrême droite du pays.

Dans une lettre adressée à Tulsi Gabbard, actuelle directrice nationale du renseignement sous l’administration Trump, le sénateur de l’Arkansas a dénoncé la récente décision des services de renseignement intérieurs allemands de classer l’AfD comme « groupe extrémiste ». Cette classification, effective depuis le 2 mai, permet à Berlin de renforcer la surveillance du parti, suscitant une vive controverse en Allemagne et des critiques dans les cercles conservateurs américains.

« Je comprends que les élites libérales des deux côtés de l’Atlantique détestent l’AfD, mais la plateforme de l’AfD trouve un écho auprès de nombreux Allemands », a écrit Cotton, appelant à suspendre tout partage de renseignements avec l’Allemagne tant que l’AfD ne sera pas traitée comme un parti d’opposition légitime.

Le sénateur demande également un audit complet pour déterminer si, sous l’administration Biden, les agences américaines ont coopéré à des demandes de surveillance politique venues d’Allemagne. Il exige que les résultats de cet examen soient transmis au Sénat.

Le gouvernement allemand n’a pas réagi immédiatement à ces déclarations, mais le chancelier Friedrich Merz a mis en garde les États-Unis contre toute tentative d’ingérence dans la politique intérieure allemande. La chancellerie affirme que la classification de l’AfD s’inscrit dans le cadre juridique allemand, après plusieurs alertes sur ses liens avec des mouvements néonazis et conspirationnistes.

Cette prise de position de Tom Cotton s’inscrit dans une série de soutiens exprimés à l’AfD par des figures influentes du camp Trump. Marco Rubio, aujourd’hui conseiller à la sécurité nationale, a critiqué la décision de Berlin et appelé à la réhabiliter. Le vice-président J.D. Vance a quant à lui accusé les « bureaucrates allemands » de chercher à « détruire » l’AfD.

Même le milliardaire Elon Musk, proche allié politique et financier de Donald Trump, a exprimé son soutien au parti nationaliste allemand, mettant en garde sur les réseaux sociaux contre les tentatives de l’interdire à la veille des élections européennes.

Cette polémique illustre les tensions croissantes entre Washington et Berlin, à l’heure où l’extrême droite gagne du terrain en Europe et où les États-Unis, sous Trump, redéfinissent leurs alliances et leurs principes d’ingérence en matière de démocratie et de renseignement.

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