Le FBI a procédé à une nouvelle vague de licenciements en interne, visant notamment l’ancien directeur par intérim Brian Driscoll, selon des sources proches du dossier citées jeudi par l’agence Reuters. Cette décision, qui s’inscrit dans une série de mesures disciplinaires depuis le retour de Donald Trump à la présidence, alimente les inquiétudes concernant la politisation croissante de l’agence fédérale.
Brian Driscoll, qui avait assuré brièvement l’intérim à la tête du FBI en début d’année avant la confirmation par le Sénat du directeur Kash Patel, jouissait d’une grande estime au sein de l’agence. Il était notamment reconnu pour avoir protégé ses collègues face à des pressions politiques, en particulier ceux impliqués dans l’enquête sur l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021. Plusieurs agents l’avaient qualifié de « bouclier » face à d’éventuelles représailles.
Aucune justification officielle n’a été communiquée concernant son renvoi. Interrogé sur cette éviction, Driscoll aurait déclaré n’avoir reçu « aucune explication » de la hiérarchie. Le FBI, de son côté, a refusé de commenter l’affaire ou de confirmer l’identité des autres agents concernés par cette vague de licenciements.
Selon quatre sources ayant requis l’anonymat, ces mesures touchent principalement des responsables ayant joué un rôle dans des enquêtes sensibles qui ont déplu au président Trump, notamment celles liées à la tentative d’insurrection de 2021 ou aux dossiers d’ingérence électorale étrangère.
Cette purge renforce les critiques déjà formulées par plusieurs responsables politiques, anciens agents et défenseurs de l’État de droit, qui redoutent une instrumentalisation des agences de sécurité pour servir des intérêts politiques. Des voix s’élèvent également au Congrès pour exiger une enquête sur les conditions de ces renvois.
Depuis sa réélection, Donald Trump a multiplié les attaques contre les institutions qu’il accuse d’avoir mené une « chasse aux sorcières » contre lui et ses partisans. L’éviction de figures clés au sein du FBI, sans justification publique, pourrait marquer une nouvelle étape dans le remodelage controversé de l’appareil sécuritaire américain.