Le Portugal exige une enquête indépendante sur la panne géante d'électricité en Ibérie
Le Portugal exige une enquête indépendante sur la panne géante d'électricité en Ibérie

LISBONNE — Le Portugal a officiellement demandé qu’une enquête indépendante soit menée par l’agence européenne de régulation de l’énergie (ACER) sur la panne de courant massive qui a paralysé la péninsule ibérique le 28 avril dernier. Cette initiative vise à garantir la transparence et la crédibilité de l’analyse des causes de cet incident sans précédent, qui a touché des millions de personnes en Espagne et au Portugal.

La ministre portugaise de l’Énergie par intérim, Maria da Graça Carvalho, a affirmé à Reuters que son gouvernement souhaite que l’ACER prenne le relais de l’évaluation technique actuellement menée par le réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport ENTSO-E. Selon elle, une enquête dirigée par l’ACER pourrait « apporter plus de confiance, d’impartialité et de transparence aux conclusions ».

Dans une déclaration écrite, la ministre a précisé qu’à ce stade, aucune preuve n’étayait les rumeurs de cyberattaque, de sabotage ou d’erreur humaine comme causes possibles de la panne. Elle a toutefois souligné l’importance de tirer des leçons de cet événement pour renforcer la sécurité énergétique nationale. « Quelle que soit l’origine de la panne, nous devons renforcer la résilience de notre système électrique, c’est un impératif stratégique », a-t-elle ajouté.

Selon les autorités espagnoles, l’incident aurait été déclenché par une perte soudaine de production d’électricité dans une centrale située à Grenade, suivie en quelques secondes de pannes similaires à Badajoz et Séville. Ce dérèglement en cascade a entraîné une interruption de l’alimentation électrique sur une grande partie du territoire ibérique.

L’incident met également en lumière les faiblesses structurelles du réseau énergétique de la péninsule ibérique, dont l’interconnexion avec le reste du réseau européen reste limitée à seulement 3 %, bien en deçà de l’objectif de 15 % fixé par l’Union européenne d’ici 2030. Ce manque d’intégration rend les systèmes espagnol et portugais plus vulnérables à des défaillances locales.

Le Premier ministre portugais, Luis Montenegro, souhaite que les conclusions de l’enquête puissent contribuer à une révision des politiques énergétiques à l’échelle nationale et européenne, notamment en matière de sécurité des infrastructures et d’interconnexions transfrontalières.

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