La Cour suprême du Brésil a ordonné le gel des comptes bancaires et des actifs d’Eduardo Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, selon des informations rapportées lundi par CNN Brasil. Cette décision, rendue de manière confidentielle samedi par le juge Alexandre de Moraes, s’inscrit dans le cadre des enquêtes en cours sur des actes présumés de tentative de coup d’État et de désinformation à grande échelle.
Eduardo Bolsonaro, député fédéral et figure influente de la droite brésilienne, est soupçonné d’avoir joué un rôle actif dans les efforts pour contester les résultats des élections présidentielles de 2022, qui avaient vu la victoire de Luiz Inácio Lula da Silva. Selon CNN Brasil, le gel de ses avoirs vise à empêcher toute tentative de dissimulation ou de transfert de fonds pouvant être liés à des activités illégales.
Le parlementaire s’est récemment rendu à Washington, où il aurait tenté de rallier du soutien politique et diplomatique en faveur de son père, alors sous le coup de multiples procédures judiciaires au Brésil. Cette démarche a été perçue par certains analystes comme une tentative de renforcer un réseau international de solidarité autour du clan Bolsonaro, notamment auprès de figures de la droite américaine.
Le juge Alexandre de Moraes, qui supervise plusieurs enquêtes sensibles sur les actions de l’ancien président et de ses proches, est connu pour sa fermeté dans les affaires impliquant des menaces à l’ordre démocratique. Il a notamment ordonné ces derniers mois des mesures de restriction contre Jair Bolsonaro lui-même, ainsi que contre plusieurs de ses alliés politiques et militaires.
La décision de geler les actifs d’Eduardo Bolsonaro pourrait avoir des répercussions importantes sur le paysage politique brésilien, alors que les tensions restent vives entre le pouvoir judiciaire et l’ancien camp présidentiel. Le député a pour l’instant refusé de commenter publiquement cette décision, mais ses partisans dénoncent ce qu’ils considèrent comme une persécution politique orchestrée par les institutions.
Cette nouvelle escalade judiciaire intervient alors que l’étau semble se resserrer autour de la famille Bolsonaro, à mesure que les autorités tentent de faire la lumière sur les événements qui ont suivi la fin de son mandat, notamment les violences du 8 janvier 2023 à Brasília. Les enquêtes en cours pourraient conduire à des inculpations formelles dans les semaines à venir.