Des responsables des forces de l’ordre cubaines ont affirmé que l’île reste pleinement engagée dans la lutte contre le trafic de stupéfiants dans les Caraïbes, malgré un climat de tensions accrues et une présence militaire américaine renforcée dans la région. Ils ont assuré que Cuba continue de transmettre aux garde-côtes américains des renseignements essentiels sur les activités suspectes, même si le cadre officiel de coopération entre les deux pays a été suspendu il y a plusieurs années.
Selon le colonel Ybey Carballo, chef des gardes-frontières cubains, l’accord de 2017 qui liait La Havane et Washington dans la lutte antidrogue a pris fin sous la seconde administration du président américain Donald Trump. Il a toutefois précisé que, dans les faits, Cuba poursuit ses échanges d’informations, fournissant régulièrement des données sur la localisation, les itinéraires et les caractéristiques de bateaux soupçonnés de transporter des stupéfiants à proximité de ses eaux territoriales.
Carballo a rejeté les accusations selon lesquelles l’île servirait de zone d’ombre dans le transit de drogue vers les États-Unis, déclarant que « Cuba n’est pas un trou noir comme certains aiment à le dire ». Il a insisté sur le fait que la stratégie proactive de La Havane contribue à la sécurité régionale et « surtout à celle des États-Unis, car les bateaux se dirigent souvent vers là-bas ». Les autorités cubaines affirment que cette coopération officieuse se poursuit de manière constante malgré les tensions politiques.
Le colonel a indiqué que Cuba avait transmis plus de 1 500 renseignements aux garde-côtes américains entre 1990 et le 30 novembre 2025, démontrant selon lui un engagement de longue date dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Située sur un corridor majeur reliant les producteurs sud-américains au principal marché de consommation que sont les États-Unis, l’île n’a pourtant jamais été considérée par Washington comme un point de transit significatif. En 2016 déjà, le département d’État américain notait que Cuba « n’est pas un consommateur, un producteur ou un point de transit important de stupéfiants illicites ».