Un rapport explosif de la police fédérale brésilienne accuse l’ancien président Jair Bolsonaro d’avoir été le principal bénéficiaire d’un système de surveillance illégale mis en place pendant son mandat. Le document, rendu public mercredi par la Cour suprême, affirme que Bolsonaro a orchestré un réseau d’espionnage visant ses adversaires politiques et certaines institutions de l’État, en s’appuyant sur l’Agence brésilienne de renseignement (ABIN).
Selon les enquêteurs, des membres de l’entourage de l’ancien président auraient utilisé les moyens techniques et humains de l’ABIN pour collecter des informations personnelles sensibles, surveiller illégalement des individus jugés hostiles au gouvernement et manipuler l’opinion publique par la diffusion de fausses informations. Cette opération aurait duré plusieurs années, en grande partie dans l’ombre, profitant de la structure étatique pour mener à bien une campagne clandestine de harcèlement et de désinformation.
Le rapport souligne que ce programme secret ne visait pas uniquement des figures de l’opposition politique, mais aussi des magistrats, des hauts fonctionnaires et des journalistes. Le but, selon la police, était de neutraliser toute forme de contestation ou de contrôle démocratique en installant un climat de peur et en discréditant les voix critiques.
Ces révélations interviennent alors que Jair Bolsonaro est déjà impliqué dans plusieurs procédures judiciaires, notamment liées à une tentative présumée de coup d’État à la suite de l’élection présidentielle de 2022 qu’il avait perdue face à Luiz Inácio Lula da Silva. L’ancien président a toujours nié toute manœuvre illégale, affirmant être victime d’une chasse aux sorcières politique.
Le rapport de la police a été transmis à la Cour suprême, qui pourrait désormais autoriser l’ouverture d’une nouvelle enquête pénale visant directement Bolsonaro. Cette affaire pourrait renforcer les appels à l’interdiction politique de l’ancien président, déjà affaibli par des décisions judiciaires antérieures.
Pour l’instant, ni Bolsonaro ni ses avocats n’ont officiellement réagi à ces accusations. Toutefois, les tensions politiques s’enflamment à Brasilia, alors que la droite radicale continue de dénoncer ce qu’elle considère comme une persécution judiciaire à l’encontre de son chef de file.