Un homme inculpé en Suède pour le meurtre du pilote jordanien brûlé vif par l'État islamique
Un homme inculpé en Suède pour le meurtre du pilote jordanien brûlé vif par l'État islamique

La justice suédoise a annoncé ce mardi avoir formellement inculpé Osama Krayem, un ressortissant suédois de 32 ans, pour crimes de guerre et terrorisme, en lien avec le meurtre particulièrement brutal du pilote jordanien Muath al-Kasasbeh, brûlé vif en Syrie en 2015 par le groupe État islamique. Cette affaire, filmée et diffusée à l’époque par l’organisation djihadiste, avait suscité une onde de choc internationale et symbolisé la barbarie du groupe alors à l’apogée de son pouvoir.

Selon l’acte d’accusation, Krayem aurait activement participé à la mise à mort du pilote, capturé après le crash de son avion en décembre 2014. Le parquet suédois affirme qu’il a contraint al-Kasasbeh à entrer dans une cage en fer, dans laquelle il a été ensuite brûlé vif. Krayem aurait également délibérément posé devant la caméra utilisée pour immortaliser l’exécution, en pleine connaissance de la finalité propagandiste de ces images destinées à illustrer la terreur prônée par l’État islamique.

Déjà condamné pour son rôle dans les attentats de Paris en 2015 et de Bruxelles en 2016, Krayem est actuellement détenu en France, d’où il a été temporairement transféré vers la Suède pour comparaître devant le tribunal de district de Stockholm. Les autorités suédoises s’appuient sur le principe de compétence universelle, inscrit dans la législation nationale, qui permet de juger des crimes contre le droit international commis hors du territoire.

Le parquet suédois souligne que l’accusation est fondée sur des preuves montrant une participation directe et volontaire à l’exécution. L’avocat de Krayem n’a pas encore réagi à ces nouvelles accusations. S’il est reconnu coupable, il encourt une peine de réclusion à perpétuité.

Muath al-Kasasbeh, alors âgé de 26 ans, était pilote dans l’armée de l’air jordanienne et participait à des frappes contre des positions de l’EI dans le cadre d’une coalition internationale. Sa capture, suivie de son exécution barbare, avait été utilisée par l’EI comme un outil de propagande pour galvaniser ses soutiens et intimider ses ennemis. La Jordanie avait répondu en intensifiant ses opérations militaires et en exécutant deux prisonniers djihadistes.

L’État islamique, qui a contrôlé de vastes territoires en Irak et en Syrie entre 2014 et 2017, a vu son influence militaire s’effondrer à partir de 2019. Mais des procédures judiciaires, comme celle engagée aujourd’hui en Suède, continuent de poursuivre en justice les membres de l’organisation responsables d’atrocités, même une décennie après les faits.

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