RDC : au moins 30 civils tués dans une attaque attribuée à des rebelles islamistes au Nord-Kivu
RDC : au moins 30 civils tués dans une attaque attribuée à des rebelles islamistes au Nord-Kivu

Au moins trente personnes ont été tuées dans la nuit de vendredi à samedi lors d’une attaque menée par des combattants islamistes présumés dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), selon des sources locales et des responsables de la société civile.

L’attaque s’est produite dans plusieurs villages proches de la ville de Beni, une zone régulièrement ciblée par les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé affilié à l’État islamique. Les assaillants auraient utilisé des armes blanches et des fusils, s’en prenant indistinctement aux civils. Des maisons ont également été incendiées, contraignant des dizaines d’habitants à fuir dans la forêt.

Le bilan, encore provisoire, pourrait s’alourdir. Des équipes locales affirment avoir découvert de nouvelles victimes au fur et à mesure des recherches. « C’est un massacre, la population est totalement abandonnée », a déploré un responsable communautaire de la région.

L’armée congolaise, présente dans la zone, affirme avoir lancé une opération de poursuite contre les assaillants. Mais les habitants dénoncent une incapacité chronique des forces de sécurité à protéger la population, malgré l’état de siège instauré dans la province depuis plus de trois ans et la présence de troupes régionales et de Casques bleus de l’ONU.

Le Nord-Kivu reste l’un des foyers les plus instables de l’est congolais, où sévissent de nombreux groupes armés. Les ADF, originaires de l’Ouganda voisin, sont accusés d’avoir tué des milliers de civils au cours de la dernière décennie. Depuis 2019, le groupe s’est officiellement rallié à l’État islamique, qui revendique régulièrement ses attaques.

Ce nouveau massacre illustre l’extrême vulnérabilité des populations civiles dans une région où les affrontements se multiplient entre rébellions, armée congolaise et forces étrangères. Il intervient alors que le conflit avec le M23, un autre groupe rebelle, mobilise une grande partie de l’attention des autorités, laissant de larges zones rurales sous la menace permanente des ADF.

Face à la répétition de ces violences, des organisations de défense des droits humains appellent la communauté internationale à renforcer la protection des civils et à accroître la pression sur les pays voisins soupçonnés de laisser circuler hommes et armes dans la région. En attendant, les habitants de Beni et des villages environnants continuent de vivre dans la peur, exposés à des attaques qui ne montrent aucun signe de répit.

Partager