De nouvelles attaques russes à coups de missiles et de drones ont frappé l’Ukraine dans la nuit de vendredi à samedi, tuant au moins quatre civils et blessant une vingtaine d’autres, selon les autorités locales. Le président Volodymyr Zelensky a de nouveau exhorté les pays occidentaux à renforcer la défense antiaérienne du pays face à l’intensification des frappes.
À Kyiv, deux personnes ont été tuées et treize blessées lors d’une attaque balistique survenue dans la capitale aux premières heures du matin. Un incendie s’est déclaré dans un bâtiment non résidentiel, tandis que des débris de missiles interceptés ont endommagé des habitations voisines. Dans la région de Dnipropetrovsk, deux autres victimes ont été recensées et sept blessés supplémentaires, après des frappes qui ont touché des immeubles et des maisons. L’armée ukrainienne affirme avoir intercepté quatre missiles et cinquante drones sur les soixante-douze engins lancés par Moscou.
Zelensky réclame plus de Patriot et de sanctions
Face à cette nouvelle vague d’attaques, Zelensky a réaffirmé sur X la nécessité urgente de renforcer la défense aérienne du pays : « C’est précisément à cause de telles attaques que nous insistons sur la fourniture de systèmes Patriot. Ils sont essentiels pour protéger nos villes de cette horreur », a-t-il écrit. Le président ukrainien espère obtenir jusqu’à 25 batteries supplémentaires auprès des États-Unis.
Vendredi, Zelensky avait également appelé Washington à étendre ses sanctions contre le pétrole russe et à livrer des missiles de longue portée capables de frapper des cibles à l’intérieur du territoire russe. Lors d’une réunion à Londres, une vingtaine de dirigeants européens ont promis de continuer à soutenir militairement Kyiv, notamment pour renforcer son réseau énergétique et ses défenses avant l’hiver.
Un contexte diplomatique incertain
Alors que les attaques se poursuivent, certains signaux diplomatiques laissent entrevoir un possible dégel. L’émissaire russe Kirill Dmitriev a affirmé à CNN que Moscou, Washington et Kyiv seraient « assez proches d’une solution diplomatique ». Il a ajouté qu’un sommet entre Vladimir Poutine et Donald Trump, prévu à Budapest, n’était pas annulé mais seulement reporté.
Depuis Air Force One, Trump a confirmé samedi qu’il ne rencontrerait Poutine que s’il était certain « de pouvoir conclure un accord », tout en se disant « déçu » par la tournure du conflit. De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a exclu toute perspective de cessez-le-feu immédiat.
Pendant ce temps, en Ukraine, les habitants continuent de vivre sous les frappes. À Kyiv, des marchés ont rouvert dès le matin malgré les explosions. « Même quand tout brûle, les gens ont besoin de manger », confie Halyna, une vendeuse de fruits et légumes. Une résilience devenue, pour beaucoup d’Ukrainiens, une forme de résistance quotidienne.