Après 19 mois de combats incessants, de destructions massives et de souffrances humaines, la guerre à Gaza semble toujours loin de son dénouement. Alors qu’Israël vient d’approuver un nouveau plan pour intensifier son offensive, le fossé entre les belligérants se creuse davantage, rendant toute résolution politique encore plus improbable.
Depuis l’attaque sanglante du 7 octobre 2023, dans laquelle des militants du Hamas ont tué 1 200 Israéliens et pris 251 otages, Israël mène une guerre implacable, affirmant qu’elle ne cessera que lorsque le Hamas sera entièrement éradiqué. Cette posture intransigeante a conduit à des frappes massives qui, selon les autorités sanitaires de Gaza, ont déjà fait plus de 52 000 morts dans l’enclave, sans distinction entre civils et combattants. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu refuse toute trêve tant que le mouvement islamiste conserve une capacité d’action.
En face, le Hamas, profondément enraciné dans le tissu social palestinien, refuse de déposer les armes. Il se dit prêt à céder le pouvoir à d’autres forces palestiniennes, en échange d’un retrait israélien complet et d’un cessez-le-feu permanent. Mais cette offre est jugée inacceptable par Israël, qui envisage désormais de maintenir une présence militaire dans Gaza, ce qui équivaudrait à une nouvelle forme d’occupation.
À cette impasse stratégique s’ajoutent des blocages politiques majeurs. Netanyahu, sous pression croissante de la population israélienne et affaibli dans les sondages, reste dépendant du soutien de deux partis d’extrême droite qui menacent de faire tomber son gouvernement s’il accepte une sortie de guerre laissant le Hamas intact. La survie politique du Premier ministre est ainsi étroitement liée à la poursuite du conflit, malgré les appels de nombreuses familles d’otages à conclure un accord.
Sur le terrain, la situation humanitaire atteint des niveaux alarmants. Le redémarrage des hostilités en mars, avec un blocus total imposé à Gaza, a aggravé la pénurie de nourriture, d’eau et de médicaments. Pourtant, les critiques internationales, y compris les accusations de crimes de guerre, n’ont pas modifié la stratégie israélienne.
Le soutien inébranlable du président américain Donald Trump joue également un rôle clé dans cette dynamique. Contrairement à l’administration Biden, qui avait exprimé des réserves sur l’ampleur des frappes, Trump donne carte blanche à Israël. Il va jusqu’à relayer les accusations d’Israël selon lesquelles le Hamas détournerait l’aide humanitaire, malgré les démentis des ONG. Plus encore, Trump a suggéré l’idée, autrefois marginale, de dépeupler Gaza — un projet que Netanyahu commence désormais à évoquer ouvertement.
Dans ce contexte polarisé, les perspectives de paix s’amenuisent. Le Hamas, bien qu’affaibli militairement, conserve un pouvoir de nuisance. Israël, de son côté, poursuit une guerre qui semble chaque jour plus éloignée de ses objectifs initiaux. Et les civils, des deux côtés, continuent d’en payer le prix fort.