Le gouvernement pakistanais a affirmé vendredi que les inondations meurtrières qui ravagent actuellement le pays avaient été aggravées par des décisions prises par l’Inde, notamment la suspension du traité de partage des rivières de l’Indus et l’effondrement des vannes d’un barrage indien.
Les pluies de mousson, particulièrement intenses cette semaine, ont provoqué des crues soudaines dans les deux pays voisins. Au Pakistan, les eaux ont atteint la périphérie de Lahore, deuxième ville du pays, et menacent désormais Jhang, l’une des principales villes de la province du Pendjab. Il s’agit des pires inondations depuis près de 40 ans dans la région, selon les autorités locales.
Le traité sur les eaux de l’Indus, signé il y a plus de soixante ans pour encadrer le partage des cours d’eau entre l’Inde et le Pakistan, a été suspendu cette année par New Delhi. Cette décision est intervenue après une fusillade ayant fait 26 morts en Inde, imputée par New Delhi à des militants soutenus par Islamabad, une accusation rejetée par le Pakistan.
Le ministre pakistanais de la Planification, Ahsan Iqbal, a déclaré à Reuters que la transmission des données hydrologiques, autrefois assurée dans le cadre du traité, avait cessé d’être régulière et détaillée. Selon lui, ce manque d’information a considérablement réduit la capacité du Pakistan à anticiper et gérer les crues.
Ces accusations surviennent alors que de nouvelles pluies sont attendues ce week-end, alimentant les craintes d’une aggravation de la catastrophe. Le climat de méfiance entre New Delhi et Islamabad, déjà marqué par des tensions récurrentes, risque d’ajouter une dimension diplomatique à cette crise naturelle et humanitaire.