MOSCOU – Les défenses aériennes russes ont intercepté mardi une vague de drones ukrainiens dans plusieurs régions du pays, dont plus de 40 au-dessus de la région frontalière de Voronej, selon des responsables locaux et le ministère russe de la Défense. Cette nouvelle attaque survient alors que la guerre entre la Russie et l’Ukraine entre dans son 40ᵉ mois et que Kiev multiplie les opérations à longue portée sur le territoire russe.
Le gouverneur de la région de Voronej, Alexandre Gusev, a indiqué sur Telegram qu’aucune victime n’était à déplorer. Il a précisé que les drones avaient été abattus au-dessus de zones urbaines et à proximité immédiate de la frontière ukrainienne. Le gouverneur de la région d’Oulianovsk, située plus à l’est sur la Volga, a pour sa part signalé la destruction de huit drones, également sans faire de blessés.
Dans une déclaration officielle, le ministère russe de la Défense a affirmé que 22 drones avaient été détruits en l’espace de quatre heures dans différentes zones. Treize d’entre eux auraient été abattus au-dessus de Voronej, les autres ayant été interceptés dans les régions de Saratov, Samara, du Tatarstan, ainsi que dans la région de Belgorod, une zone régulièrement ciblée car voisine de l’Ukraine.
Reuters n’a pas pu vérifier ces informations de manière indépendante.
Ces attaques s’inscrivent dans la stratégie de Kiev, qui a significativement renforcé ses capacités de production et de frappe par drones au cours des derniers mois, visant notamment des infrastructures militaires et industrielles à l’intérieur de la Russie. Plus tôt ce mois-ci, l’Ukraine avait revendiqué une opération baptisée « Opération Z », impliquant une attaque coordonnée de drones sur plusieurs sites stratégiques russes, dont des raffineries et des dépôts de munitions.
Alors que les lignes de front restent relativement figées, la guerre technologique entre les deux pays s’intensifie. Les frappes de drones à longue portée sont devenues un outil central dans la stratégie ukrainienne pour affaiblir la logistique militaire russe, semer le trouble à l’arrière du front et exercer une pression psychologique sur la population.
Le Kremlin n’a pas encore officiellement commenté ces nouvelles attaques, mais continue d’accuser l’Ukraine de viser des cibles civiles et d’alimenter un conflit qualifié de « guerre hybride » par les autorités russes. De son côté, Kiev affirme viser exclusivement des installations militaires ou de commandement, dans le cadre de sa légitime défense contre l’invasion lancée par Moscou en février 2022.