NAIROBI – Un tribunal kenyan a reconnu jeudi deux hommes coupables d’avoir apporté un soutien logistique à l’une des attaques terroristes les plus meurtrières du pays de ces dernières années. L’attaque, menée en janvier 2019 par des militants du groupe islamiste Al Shabaab affilié à Al-Qaïda, avait visé le complexe hôtelier et de bureaux DusitD2 à Nairobi, causant la mort de 21 personnes au cours d’un siège de plus de 12 heures.
Le juge Diana Mochache a déclaré coupables Hussein Mohammed Abdile et Mohamed Abdi Ali, accusés d’avoir facilité l’assaut en aidant certains des auteurs à obtenir de fausses pièces d’identité leur permettant de sortir d’un camp de réfugiés. Les deux hommes, qui ont toujours plaidé non coupables, seront condamnés lors d’une audience prévue le mois prochain. Un troisième accusé, Mire Abdullahi, avait auparavant accepté une négociation de peine et avait déjà été condamné.
Les procureurs ont détaillé la manière dont les accusés avaient fourni un soutien financier et logistique aux assaillants, notamment en participant à la planification de l’attentat et en facilitant leur circulation. Les images de vidéosurveillance du jour de l’attaque montrent cinq hommes armés pénétrant dans le complexe de Dusit, où ils ont ouvert le feu et déclenché des explosions, semant la terreur au cœur de la capitale.
Al Shabaab avait revendiqué l’attentat peu après les faits. Le gouvernement kényan avait alors affirmé avoir neutralisé tous les assaillants, qui étaient tous d’origine somalienne. Le nombre exact de participants à l’assaut n’avait cependant pas été précisé.
L’attaque de Dusit s’inscrit dans une longue série d’attentats revendiqués par Al Shabaab contre le Kenya, en représailles à l’intervention militaire du pays en Somalie depuis 2011. Le groupe djihadiste avait déjà frappé Nairobi en 2013, tuant 67 personnes dans le centre commercial Westgate, puis avait mené une attaque contre l’université de Garissa en 2015, au cours de laquelle 148 étudiants avaient perdu la vie.
Le verdict rendu ce jeudi est un jalon important dans les efforts du Kenya pour juger les complices d’actes terroristes et pour renforcer sa sécurité intérieure face à la menace persistante que représente Al Shabaab dans la région.