Gaza : 38 morts, dont des enfants, dans les dernières frappes israéliennes
Gaza : 38 morts, dont des enfants, dans les dernières frappes israéliennes

Au moins 38 personnes, dont plusieurs enfants, ont été tuées au cours des dernières 24 heures dans la bande de Gaza par des frappes israéliennes, ont indiqué dimanche les autorités sanitaires locales. Parmi les victimes figurent une mère et ses deux enfants qui s’abritaient dans une tente à Deir al-Balah, dans le centre du territoire. Les hôpitaux du nord, désormais inaccessibles, n’ont pas pu actualiser leur bilan pour le deuxième jour consécutif.

Le ministère de la Santé de Gaza fait état de 3 785 morts depuis la reprise de l’offensive israélienne en mars, après la fin d’un cessez-le-feu. Cette phase du conflit s’inscrit dans une campagne militaire annoncée par Israël comme visant à anéantir le Hamas et à libérer les 58 otages encore détenus depuis l’attaque du 7 octobre 2023.

Parmi les drames humains révélés ce week-end figure celui de la pédiatre Alaa al-Najjar, qui a perdu neuf de ses dix enfants lors d’une frappe à Khan Younès vendredi. Son mari, également médecin, et leur unique enfant survivant de 11 ans ont été grièvement blessés. Selon un collègue de l’hôpital Nasser, les restes calcinés des enfants ont été apportés dans un seul sac mortuaire. Le plus jeune n’avait que 7 mois. « Ils étaient innocents », a déclaré Ismail al-Najjar, le frère du père, précisant que son frère n’avait aucun lien avec les factions palestiniennes.

Une autre frappe à Jabaliya, dans le nord de Gaza, a tué au moins cinq personnes, dont deux femmes et un enfant, selon le ministère de la Santé. L’armée israélienne n’a pas commenté immédiatement ces nouveaux bombardements, se contentant de déclarer samedi qu’une enquête était en cours concernant « d’éventuels dommages causés à des civils non impliqués ». Israël affirme viser des infrastructures militaires du Hamas, qu’il accuse d’opérer depuis des zones densément peuplées.

Depuis le 7 octobre, environ 1 200 personnes, principalement des civils, ont été tuées lors de l’attaque initiale menée par les brigades du Hamas. Sur les 251 otages enlevés, environ un tiers seraient encore en vie, selon les estimations. En réponse, l’offensive israélienne a provoqué la mort de plus de 53 000 Palestiniens, selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, majoritairement des femmes et des enfants. Ces chiffres ne font pas la distinction entre civils et combattants.

Le territoire est également ravagé par des déplacements massifs de population. On estime que 90 % des habitants de Gaza ont été déplacés, certains à plusieurs reprises, et que de vastes zones ont été totalement détruites.

Sur le plan humanitaire, Israël a bloqué l’entrée de nourriture, de médicaments et de carburant pendant près de deux mois et demi. Une aide limitée a été autorisée la semaine dernière, face à la pression internationale et aux alertes de famine lancées par les experts. Israël cherche désormais à imposer un contrôle strict sur l’acheminement de l’aide, un plan rejeté par les Nations unies.

Par ailleurs, les autorités israéliennes ont indiqué avoir intercepté dimanche un missile tiré par les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l’Iran. L’engin a déclenché des sirènes d’alerte à Jérusalem et dans d’autres régions, sans faire de victimes. Les Houthis affirment agir en soutien aux Palestiniens, bien que la plupart des navires visés dans leurs précédentes attaques n’aient aucun lien direct avec Israël ou le conflit.

Alors que la guerre entre dans son 19ᵉ mois, les perspectives de cessez-le-feu durable restent lointaines, dans un climat de désastre humanitaire et de polarisation régionale croissante.

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