Frappes indiennes au Pakistan : des sites présumés de groupes militants réduits en ruines
Frappes indiennes au Pakistan : des sites présumés de groupes militants réduits en ruines

L’Inde a lancé dans la nuit de mardi à mercredi une série de frappes aériennes sur des cibles situées en territoire pakistanais, dans ce qui constitue l’opération militaire transfrontalière la plus importante depuis plusieurs décennies entre les deux puissances nucléaires. Selon New Delhi, ces frappes visaient des infrastructures liées à des groupes islamistes militants accusés d’avoir organisé des attaques récentes contre des civils indiens, notamment au Cachemire.

L’une des cibles principales, un séminaire religieux résidentiel situé près de Bahawalpur, dans le centre du Pakistan, a été touchée par un missile, provoquant la mort de 13 personnes, dont dix membres de la famille du fondateur du groupe militant Jaish-e-Mohammed, Masood Azhar. Cinq enfants, la sœur d’Azhar et son mari figurent parmi les victimes, selon l’armée pakistanaise. L’organisation a dénoncé une « brutalité » de l’Inde, estimant que ces frappes ont transgressé « toutes les normes ». Azhar et son frère, hauts dirigeants du groupe, n’étaient pas présents sur les lieux.

Plus au nord, à Muridke, près de Lahore, quatre missiles ont été tirés sur un complexe que l’Inde affirme lié au groupe Lashkar-e-Taiba (LeT), interdit au niveau international et accusé par New Delhi et Washington d’avoir orchestré l’attentat de Bombay en 2008. Une mosquée et un bâtiment administratif ont été détruits, faisant trois morts. Selon les autorités locales, le site abritait habituellement plusieurs milliers d’étudiants et de personnel, mais avait été largement évacué en raison de la montée des tensions.

L’Inde a revendiqué la destruction de neuf « camps terroristes » associés aux deux groupes, affirmant que ces infrastructures étaient au cœur d’un réseau structuré par Islamabad depuis plus de trente ans pour fomenter des attaques sur son territoire. Le Pakistan, de son côté, parle de six sites touchés, de 26 morts et 46 blessés civils, rejetant toute implication militaire et promettant une réponse.

Ces frappes, menées en représailles à une attaque au Cachemire indien ayant causé la mort de 26 touristes en avril, marquent une escalade notable du conflit indo-pakistanais. Jusqu’ici, les affrontements entre les deux États se limitaient principalement à la région disputée du Cachemire. Les frappes de Bahawalpur et Muridke font craindre une extension du conflit en dehors de cette zone historiquement sensible.

Le Pakistan nie toute implication dans des activités terroristes et accuse régulièrement l’Inde de soutenir des séparatistes au Baloutchistan, ce que New Delhi dément fermement. Tandis que la tension reste vive, la communauté internationale redoute une nouvelle spirale de violence entre deux puissances dotées de l’arme nucléaire.

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