Défense mondiale : 2 718 milliards en 2024 et la planète s’arme plus vite que son ombre
Défense mondiale : 2 718 milliards en 2024 et la planète s’arme plus vite que son ombre

Le rideau 2024 se ferme sur un bilan qui ferait pâlir un trésorier : jamais, depuis la chute du Mur, la dépense militaire n’avait grimpé aussi haut, ni aussi vite. À 2 718 milliards de dollars, le compteur du SIPRI s’affole ; +9,4 % en un an, comme si chaque capitale s’était soudain découvert une urgence stratégique. Les États-Unis restent le banquier du grand bazar : 997 milliards, 37 % du total, une triade nucléaire en plein lifting et le futur bombardier B-21 en vitrine. L’Europe, réveillée par les canons d’Ukraine, empile les milliards : +18 %, record absolu, l’Allemagne double l’Inde et file en quatrième puissance de dépense. La France joue les équilibristes à 64,7 milliards, quand Varsovie carbure à +31 % pour blinder son flanc Est.

Washington mène la danse, Moscou serre les dents

De l’autre côté, Moscou tourne à l’économie de guerre : 149 milliards officiels, +38 % malgré des comptes fédéraux de plus en plus classifiés. L’écart se creuse avec Kiev… et les finances russes grincent, mais le Kremlin tient le cap d’un conflit long. Au Moyen-Orient, c’est l’escalade : Israël bondit de 65 %, l’Arabie saoudite reste leader régional (75 milliards), même le Liban, en faillite, voit ses crédits de défense s’envoler de 58 %. Pendant ce temps, Pékin continue l’effet boule de neige : 314 milliards, +7 %, tous domaines confondus, suivi d’un Japon (+21 %) qui revoit sa doctrine pacifiste à la hausse et d’une Corée du Sud qui muscle son avance techno. Le tout sur fond de cordons d’approvisionnement toujours américains : 64 % des achats d’armes européens viennent encore des États-Unis, rappelle le SIPRI, preuve qu’indépendance budgétaire ne rime pas toujours avec autonomie stratégique.

La fièvre d’achats gagne tous les continents… et attise la course aux armements

Dans cette frénésie, l’Amérique latine reste le parent pauvre, grappillant à peine quelques points pour gérer surtout ses crises internes. L’Iran, étranglé par les sanctions, réduit la voilure tandis que l’Inde frôle 84 milliards (+4,3 %) pour ne pas se laisser distancer ni par Pékin, ni par Islamabad. Résultat : une planète sous tension, des usines d’armements qui tournent plein régime et un risque de spirale que le SIPRI qualifie de « dangereux emballement ». Investir plus n’assure pourtant ni capacités accrues – faute de chaînes de production suffisantes – ni souveraineté complète : l’Europe le constate, entre carnets de commandes saturés et dépendance aux fournisseurs US. 2025 commence donc avec un constat limpide : la facture grimpe plus vite que les stocks de paix, et personne ne semble décidé à lever le pied.

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