Le dialogue entre les taxis et l’État a viré au bras de fer. Jeudi, les représentants de la profession ont quitté avec fracas la réunion organisée au ministère de la Santé, dénonçant l’entêtement du gouvernement sur la réforme des tarifs du transport sanitaire. Résultat : une nouvelle mobilisation nationale est annoncée à partir du 11 juin.
Des promesses, puis la douche froide
Il y a deux semaines, l’exécutif semblait vouloir arrondir les angles. François Bayrou, à l’issue d’une première rencontre tendue, avait promis de retravailler “le détail” de la nouvelle convention tarifaire. Cette réforme, prévue pour entrer en vigueur le 1er octobre, impose un forfait de 13 euros incluant les 4 premiers kilomètres, puis un tarif kilométrique départemental avec quelques majorations. Une grille tarifaire que les chauffeurs jugent inadaptée, opaque et irréaliste. Mais lors de la réunion de ce jeudi, les syndicats n’ont constaté aucun revirement. Pas de réécriture, ni de remise à plat. “Le gouvernement ne veut pas revoir sa copie”, fustige Dominique Buisson, secrétaire général de la Fédération nationale du taxi. Même colère du côté de Bernard Crebassa, président de la Fédération des artisans du taxi, qui accuse l’Assurance maladie de manipulations : “Ils essaient de nous diviser en prétendant que nos représentants locaux valident leur méthode, ce qui est totalement faux.”
Blocus en série dans la capitale
Faute d’avancées, les chauffeurs entendent frapper fort. Le 11 juin, ils convergeront vers le ministère des Finances à Bercy, point névralgique de la réforme, pour en bloquer les abords. Et dès le lendemain, les actions s’étendront aux gares et aéroports parisiens, dans une démonstration de force qui pourrait paralyser la capitale. Le ministère, lui, espère une économie de 300 millions d’euros sur trois ans grâce à cette nouvelle convention. Mais face à des chauffeurs qui dénoncent l’absence de chiffres clairs et le mépris du terrain, le gain budgétaire pourrait vite se transformer en casse-tête politique. Le conflit du transport sanitaire vient de changer d’échelle — et Bercy risque de le sentir passer.