Un service militaire nouvelle formule au cœur des discussions nationales. (AP)
Un service militaire nouvelle formule au cœur des discussions nationales. (AP)

La perspective d’un retour du service militaire reprend de l’épaisseur dans les réflexions du gouvernement, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes. Emmanuel Macron et le Premier ministre Sébastien Lecornu travaillent sur une formule profondément remaniée par rapport à la conscription supprimée en 1996, avec un objectif clair : renforcer les capacités de l’armée de terre dans les prochaines années, tout en rendant l’engagement attractif pour les jeunes.

Un dispositif volontaire, rémunéré et intégré aux études

Selon les pistes non encore finalisées par l’Élysée, ce service serait volontaire et ouvert aux femmes comme aux hommes. Sa durée approcherait les dix mois, avec une rémunération d’environ 1 000 euros mensuels, ainsi que la prise en charge du logement et de la nourriture. Pour éviter que cette période soit perçue comme une interruption pénalisante dans un cursus universitaire, l’attribution de crédits ECTS est également envisagée. Les ambitions du gouvernement sont élevées : former 10 000 volontaires par an d’ici 2030 et 50 000 en 2036. Des annonces présidentielles sont attendues dans les jours à venir.

Selon un sondage Ipsos BVA-CESI, 86 % des Français se disent favorables au retour d’un service militaire, même si seuls 53 % souhaitent qu’il devienne obligatoire. Les moins de 35 ans se montrent un peu plus réservés, mais restent majoritairement favorables. Les partis politiques affichent en revanche des lignes très contrastées. Le Rassemblement national réclame une montée en puissance rapide, avec un format de trois mois volontaire avant une obligation généralisée. La gauche dénonce un projet anxiogène, marqué selon elle par un discours “va-t-en-guerre”. À droite, l’enthousiasme reste modéré : les Républicains mettent en avant le coût considérable d’un tel dispositif et s’inquiètent de la capacité de l’armée à former un nombre aussi élevé de novices.

Un débat européen relancé

La réflexion française s’inscrit dans un mouvement plus large au sein de l’Europe. L’Allemagne, confrontée à un débat similaire, prévoit un service volontaire dès 2026, avec un possible retour de l’obligation si les effectifs manquent. Dans les pays nordiques et baltes :Finlande, Estonie, Norvège, Lituanie, Suède, Lettonie, Croatie, la conscription demeure, a été étendue aux femmes ou a récemment été réintroduite. Avec cette réforme en gestation, l’exécutif français avance sur un terrain politiquement sensible et logistiquement complexe, mais que l’opinion semble prête à accueillir dans un contexte international perçu comme de plus en plus instable.

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