L’optimisme autour d’un traité mondial ambitieux pour réduire la pollution plastique s’amenuise à la veille d’un nouveau cycle de négociations des Nations Unies à Genève. Ce texte, présenté par ses partisans comme une “dernière chance” pour inverser la tendance, se heurte désormais à l’opposition des grands producteurs pétrochimiques et aux reculs de l’administration américaine dirigée par Donald Trump.
Les discussions, qui doivent débuter officiellement mardi, marqueront le sixième et théoriquement dernier cycle de négociations après l’échec du précédent rendez-vous, organisé en Corée du Sud fin 2024. Les diplomates, ainsi que les défenseurs du climat, préviennent que les propositions portées par l’Union européenne et plusieurs petits États insulaires — notamment la limitation de la production mondiale de plastique vierge — risquent de ne pas survivre aux pressions combinées des lobbys pétroliers et gaziers et des États-Unis.
Washington plaide pour un traité centré sur la gestion des déchets et le nettoyage des plastiques déjà présents dans l’environnement, plutôt que sur une réduction en amont de la production. Cette position rejoint celle des pays producteurs de pétrole et de gaz, qui militent pour des mesures essentiellement volontaires, rejetant l’idée de quotas contraignants.
Les points de friction restent nombreux. Outre le plafonnement de la production, les négociateurs doivent trancher sur la régulation des produits plastiques et des substances chimiques jugées préoccupantes, ainsi que sur les modalités de financement destinées à aider les pays en développement à mettre en œuvre les dispositions du futur accord. Les États insulaires, particulièrement exposés aux impacts environnementaux et économiques de la pollution marine, réclament un soutien financier massif pour la dépollution et l’adaptation.
Alors que la pollution plastique atteint un niveau record, les négociateurs sont sous pression pour produire un texte ambitieux. Mais les observateurs craignent qu’un compromis minimaliste, axé sur des engagements volontaires, ne réduise à néant les chances d’endiguer durablement la crise. Genève pourrait ainsi voir s’éloigner l’espoir d’un accord global capable de s’attaquer à la source du problème.