Le gouvernement roumain, fraîchement formé sous la direction du Premier ministre Ilie Bolojan, se retrouve déjà en position précaire. Moins de deux semaines après sa prise de fonctions, la coalition au pouvoir doit faire face à une motion de censure imminente, provoquée par sa décision d’imposer une série de hausses fiscales afin de réduire un déficit budgétaire jugé critique.
Lundi 7 juillet, Bolojan a activé une procédure parlementaire accélérée visant à faire adopter ces mesures fiscales dès le mois d’août. Mais cette manœuvre l’expose automatiquement à un vote de défiance, conformément à la Constitution roumaine. L’opposition, emmenée par l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), parti d’extrême droite et deuxième force politique du pays, a aussitôt annoncé son intention de déposer une motion de censure dans les trois jours impartis.
Les mesures proposées par le gouvernement incluent notamment la suppression de la TVA réduite sur certains produits, l’augmentation des droits d’accise, ainsi que la révision de l’impôt sur les dividendes. Si ces hausses sont défendues par l’exécutif comme un mal nécessaire pour stabiliser les finances publiques et éviter une dégradation de la note de crédit en dessous du seuil d’investissement, elles ont déclenché des manifestations de rue à Bucarest et dans plusieurs grandes villes du pays.
Le Premier ministre Bolojan, ancien président de conseil de département réputé pour sa rigueur budgétaire, a appelé les députés à « participer à l’amélioration des décisions, et non à leur blocage », défendant un plan d’austérité ciblée qui, selon lui, permettra également de débloquer des fonds européens essentiels. Il s’est toutefois heurté à des critiques croissantes, y compris au sein de sa propre majorité pro-européenne, composée de quatre partis centristes et de centre-droit.
Pour que la motion de censure aboutisse, l’AUR devra convaincre une partie des députés de cette coalition, ce qui, bien que peu probable, ne peut être exclu compte tenu des tensions internes liées à la rapidité et à l’ampleur des réformes proposées. Plusieurs élus de la majorité ont déjà exprimé des doutes, craignant une rupture de confiance avec l’électorat en pleine période de difficultés économiques.
Ce vote de défiance à venir sera un test majeur pour la stabilité du nouveau gouvernement et pour la crédibilité budgétaire de la Roumanie sur les marchés internationaux. À l’approche des échéances européennes et présidentielles de 2026, l’issue de cette crise politique pourrait fortement peser sur l’agenda de réformes économiques du pays.