Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a limogé la ministre de l’Enseignement supérieur, Nobuhle Nkabane, a annoncé lundi la présidence. Cette décision intervient après que l’Alliance démocratique (DA), principal partenaire du Congrès national africain (ANC) au sein du gouvernement de coalition, a accusé la ministre de mauvaise conduite, menaçant l’équilibre fragile de l’exécutif.
Ce limogeage survient à un moment politiquement sensible, alors que le gouvernement s’apprête à présenter un budget crucial au Parlement cette semaine. En réponse à la pression croissante de ses partenaires de coalition, le président Ramaphosa semble avoir opté pour une mesure d’apaisement, afin de préserver la stabilité de l’alliance au pouvoir.
Nobuhle Nkabane, figure de l’ANC, était déjà en difficulté depuis plusieurs semaines, ciblée par des critiques de la DA portant sur sa gestion de plusieurs dossiers clés du ministère, notamment le financement des universités et la gouvernance des établissements d’enseignement supérieur. La DA l’accusait de mauvaise gestion, de favoritisme et de ne pas avoir rendu compte de manière transparente de certaines dépenses.
Dans un communiqué laconique, la présidence a confirmé sa destitution sans en préciser les motifs officiels, soulignant néanmoins que la décision avait été prise « dans l’intérêt de la cohésion du gouvernement ». Aucune remplaçante n’a encore été nommée à ce poste stratégique.
La coalition entre l’ANC et la DA, inédite dans l’histoire politique sud-africaine récente, repose sur un équilibre délicat entre des forces idéologiquement opposées. L’ANC, en perte de vitesse électorale, a été contraint de former cette alliance pour conserver le pouvoir à la suite des élections générales de 2024. Depuis, les tensions internes se sont multipliées, alimentant les spéculations sur la durabilité de l’entente.
Le renvoi de Nkabane pourrait permettre à Ramaphosa de renforcer la confiance de ses partenaires, mais il soulève aussi des inquiétudes au sein de son propre parti, où certains cadres redoutent une perte d’influence au profit de la DA. Le président joue une carte risquée, à l’heure où son autorité est déjà contestée par une partie de la base militante de l’ANC.
Alors que le gouvernement s’efforce de faire adopter un budget ambitieux pour relancer l’économie et répondre aux attentes sociales croissantes, ce remaniement ministériel intervient comme un signal fort : Ramaphosa entend maintenir l’équilibre de la coalition, quitte à sacrifier certains membres de son propre camp.