Médecins sous convocation : Bayrou réquisitionne deux jours pour la France
Médecins sous convocation : Bayrou réquisitionne deux jours pour la France

François Bayrou est arrivé dans le Cantal avec une ordonnance à double lame : d’un côté la « solidarité territoriale » qui forcera les généralistes des villes voisines à faire jusqu’à deux jours de consultations mensuelles dans les déserts médicaux, de l’autre un paquet de carottes financières pour éviter la mutinerie. Objectif affiché : injecter 30 millions de rendez-vous supplémentaires chaque année dans les zones sous-dotées — et, accessoirement, prouver qu’on peut contraindre sans le dire.

Former plus, déplacer mieux, décharger toujours

Le pacte promet une première année de médecine dans chaque département orphelin, des stages obligatoires hors CHU dès 2026, et un nouveau statut de « praticien territorial de médecine ambulatoire » pour envoyer les jeunes diplômés là où les cabinets ferment. Pendant que 15 000 assistants médicaux doivent libérer 3,5 millions de créneaux d’ici 2028, infirmiers et pharmaciens récupèrent rhinites allergiques et piqûres infectées. Guichet numérique unique, logement clé en main, paperasse compressée : le gouvernement veut badigeonner les murs des communes rurales d’arguments clés en bouche.

La carotte plutôt que le gourdin… en attendant la suite

Pas d’obligation d’installation — tactiquement repoussée après les menaces de grève des syndicats — mais une « mission » mensuelle imposée : la nuance ravira-t-elle les médecins ? Le plan prévient déjà les récalcitrants qu’ils seront remplacés, rémunérés… et comptés. Les maires, eux, comptent surtout les ordonnances non honorées ; ils sauront vite si le nouveau traitement soigne la fracture ou ne fait que repousser l’opération.

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