L’Union européenne assouplit la protection des loups : la chasse bientôt facilitée
L’Union européenne assouplit la protection des loups : la chasse bientôt facilitée

Le Parlement européen a voté jeudi en faveur d’un assouplissement de la législation encadrant la protection des loups, ouvrant la voie à une chasse plus aisée de ces animaux dans l’ensemble de l’Union européenne. Ce changement, déjà approuvé par les États membres le mois dernier, abaisse le statut du loup de « strictement protégé » à « protégé » dans le cadre juridique européen, conformément à une révision de la Convention de Berne sur la conservation de la vie sauvage.

Cette décision permettra aux pays membres d’autoriser plus facilement la chasse aux loups, tout en restant tenus de prendre des mesures pour éviter que les populations ne deviennent menacées. Par exemple, ils devront potentiellement limiter les périodes de chasse. La révision du statut s’appuie sur une évaluation indiquant une croissance significative de la population lupine en Europe, estimée à 20 300 individus en 2023, accompagnée d’une recrudescence des attaques contre le bétail.

Certains parlementaires ont salué cette évolution. « Les agriculteurs peuvent désormais pousser un soupir de soulagement », a déclaré Herbert Dorfmann, eurodéputé du Parti populaire européen, soulignant la nécessité d’un équilibre entre la protection de la biodiversité et celle des exploitations agricoles. Toutefois, cette révision législative est loin de faire l’unanimité.

Des voix critiques se sont élevées au sein du Parlement, notamment du côté des écologistes. Jutta Paulus, députée européenne verte, a dénoncé une décision « nuisible à la sylviculture et à la nature », insistant sur le rôle écologique crucial des loups dans la régulation des populations de gibier. Certains détracteurs pointent également un possible conflit d’intérêt personnel, rappelant que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait perdu son poney dans une attaque de loup en 2022.

La Commission a rejeté toute accusation de partialité, affirmant que la proposition repose sur des données scientifiques solides et une analyse approfondie. Elle estime que l’expansion des populations de loups justifie une adaptation du cadre de protection, face à l’augmentation des conflits avec les activités humaines.

Le Parlement européen a adopté la proposition par 371 voix pour, 162 contre et 37 abstentions. Le vote final des États membres, considéré comme une formalité, devrait officialiser l’entrée en vigueur de ce changement dans les prochaines semaines.

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