L’Italie cloue au sol un avion humanitaire de Sea-Watch dans le cadre de nouvelles restrictions
L’Italie cloue au sol un avion humanitaire de Sea-Watch dans le cadre de nouvelles restrictions

ROME, 8 août 2025 — Les autorités italiennes ont immobilisé pour la première fois un avion de reconnaissance humanitaire utilisé pour localiser des embarcations de migrants en détresse en Méditerranée, en vertu de nouvelles règles de surveillance imposées par le gouvernement de Giorgia Meloni. L’ONG allemande Sea-Watch, opératrice de l’appareil concerné, a confirmé la mesure vendredi.

L’avion, nommé Seabird 1, était utilisé pour repérer des bateaux en danger dans la zone de recherche et de sauvetage au large des côtes libyennes. L’Autorité italienne de l’aviation civile (ENAC) a déclaré qu’il avait été placé en détention administrative, marquant ainsi une première depuis l’entrée en vigueur d’un nouveau cadre réglementaire encadrant les opérations aériennes civiles de soutien aux missions humanitaires en mer.

Sea-Watch a dénoncé une décision motivée par des considérations politiques et a accusé le gouvernement italien de compromettre la capacité des ONG à sauver des vies. « L’Italie tente de rendre invisible ce qui se passe en Méditerranée », a déclaré un porte-parole de l’organisation sur les réseaux sociaux. L’ONG, active depuis plusieurs années dans le sauvetage de migrants, avait déjà été visée par des restrictions sur ses navires, notamment Sea-Watch 3.

Le ministère italien de l’Intérieur n’a pas immédiatement commenté la mesure, mais Rome justifie régulièrement sa ligne dure par la nécessité de lutter contre l’immigration irrégulière et les « abus » présumés du droit humanitaire par certaines organisations. Selon les autorités, la nouvelle réglementation vise à encadrer les opérations non étatiques dans un espace aérien déjà fortement surveillé.

Cette décision survient alors que l’Italie fait face à une recrudescence des arrivées de migrants par la mer. Depuis le début de l’année, des milliers de personnes ont débarqué sur les côtes italiennes, relançant le débat sur la gestion des flux migratoires à l’échelle européenne.

Les ONG dénoncent quant à elles une criminalisation croissante de leur action. Sea-Watch affirme que Seabird 1 jouait un rôle crucial en relayant aux garde-côtes les coordonnées précises des embarcations en péril, permettant ainsi d’intervenir rapidement et d’éviter de nouveaux naufrages.

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