L’Italie approuve la réforme de la justice de Giorgia Meloni, prélude à un référendum sous haute tension (AP)
L’Italie approuve la réforme de la justice de Giorgia Meloni, prélude à un référendum sous haute tension (AP)

Le Sénat italien a adopté mercredi la réforme de la justice portée par la Première ministre Giorgia Meloni, ouvrant la voie à un référendum national prévu au printemps prochain. Ce vote, marqué par une vive opposition au sein du Parlement, constitue une victoire politique majeure pour le gouvernement, mais ravive également les inquiétudes quant à l’indépendance du pouvoir judiciaire en Italie.

La réforme, l’un des projets phares de Meloni, vise à modifier la structure et le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature, tout en limitant le rôle du ministère public. Selon le gouvernement, elle doit rendre la justice « plus efficace, plus rapide et plus transparente ». Mais pour l’opposition et une grande partie du corps judiciaire, il s’agit d’une attaque directe contre la séparation des pouvoirs et l’autonomie des magistrats.

Les sénateurs de la coalition au pouvoir, dominée par Fratelli d’Italia, la Ligue et Forza Italia, ont voté le texte sans amendement majeur, malgré les protestations des partis de centre-gauche et des syndicats de magistrats. Les débats ont été houleux, plusieurs élus accusant Meloni de vouloir « mettre la justice sous contrôle politique » à l’image des réformes controversées menées en Hongrie et en Pologne.

Le projet doit désormais être soumis à un référendum national, attendu au printemps 2026. Les sondages actuels montrent un pays profondément divisé : environ 48 % des Italiens se disent favorables à la réforme, tandis que 47 % la rejettent, le reste se déclarant indécis. L’issue du scrutin pourrait donc dépendre du taux de participation et de la mobilisation citoyenne.

En réaction, Giorgia Meloni a salué « une étape historique pour moderniser l’Italie », assurant que son gouvernement n’avait « rien à craindre de la transparence démocratique du vote populaire ». De leur côté, les magistrats ont annoncé la tenue d’une grève symbolique et d’un rassemblement national à Rome pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une tentative de « museler la justice ».

Ce bras de fer politique, qui s’annonce l’un des plus tendus depuis le début du mandat de Meloni, pourrait avoir des conséquences bien au-delà du domaine judiciaire. Pour nombre d’observateurs, le référendum à venir sera avant tout un test de confiance entre la cheffe du gouvernement et une opinion publique italienne de plus en plus polarisée.

Que retenir rapidement ?

Le Sénat italien a adopté mercredi la réforme de la justice portée par la Première ministre Giorgia Meloni, ouvrant la voie à un référendum national prévu

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