Le président bulgare Roumen Radev a annoncé vendredi qu’il remettrait la semaine prochaine à la coalition de centre-droit GERB-SDS le mandat de former un nouveau gouvernement, même si les analystes jugent ses chances de succès limitées et estiment qu’une nouvelle élection anticipée est probable.
Le gouvernement de coalition dirigé par le Premier ministre Rosen Zhelyakov, soutenu par le GERB-SDS, a démissionné le mois dernier après plusieurs semaines de manifestations contre la corruption et un projet de budget prévoyant une hausse des cotisations sociales et de certains impôts. Cette démission est intervenue peu avant l’entrée de la Bulgarie dans la zone euro, le 1er janvier.
Selon la Constitution, le chef de l’État remettra d’abord le mandat au plus grand groupe parlementaire. Or, le GERB-SDS ne dispose que de 66 sièges sur 240, un total insuffisant pour gouverner seul. Faute de majorité, le président transmettrait ensuite le mandat au deuxième puis au troisième parti. Si aucune coalition n’émerge, des élections législatives anticipées seraient convoquées.
Arrivée en tête des élections d’octobre 2024, la coalition GERB-SDS n’avait pu former un gouvernement qu’en janvier 2025, après de longs mois de négociations et grâce au soutien d’autres formations dans un Parlement fragmenté.
Pays le plus pauvre de l’Union européenne, la Bulgarie a un besoin pressant de stabilité politique pour accélérer l’utilisation des fonds européens, moderniser ses infrastructures, attirer les investissements étrangers et lutter contre une corruption endémique. Membre de l’OTAN et État riverain de la mer Noire, le pays a organisé sept élections législatives en quatre ans, illustrant une instabilité chronique qui complique toute action gouvernementale durable.