L’ancien Premier ministre Jean Castex devrait succéder à Jean-Pierre Farandou à la tête de la SNCF avant la fin de l’année. Patron de la RATP depuis deux ans et demi, il aurait, selon l’exécutif, toutes les qualités requises pour piloter le mastodonte ferroviaire français. Habitué des grandes administrations, Castex a déjà redressé le métro parisien avant les JO, au prix de généreuses concessions aux syndicats. Son nom circule depuis plusieurs mois et semble désormais faire consensus.
Jean-Pierre Farandou, à la tête de la SNCF depuis 2019, restera encore quelques mois en poste. Malgré la limite d’âge et des résultats jugés mitigés, il assure l’intérim faute de successeur officiel. Officiellement, l’exécutif préfère attendre novembre pour éviter une complication administrative : Jean Castex ayant présidé brièvement une autorité publique après Matignon, sa nomination prématurée pourrait être bloquée par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Un détail technocratique qui ralentit un passage de témoin pourtant acté en coulisses.
Un ancien de Matignon, fan de train, pour piloter une machine grippée
Passionné par les chemins de fer, il a même écrit un livre sur la ligne Perpignan-Villefranche, Jean Castex avait déjà brigué la présidence de la SNCF en 2019, sans succès. Cette fois, l’ancienne figure de la droite macron-compatible semble en bonne position pour prendre les commandes. Une nomination qui pose néanmoins question : est-ce vraiment d’un haut fonctionnaire qu’a besoin la SNCF, ou d’un patron capable de bousculer les vieilles habitudes ?
Castex arriverait dans un contexte tendu, entre syndicalisme d’appareil, dette chronique, vétusté des infrastructures et ouverture à la concurrence. L’exécutif espère que son profil rassurera Bruxelles, sans trop heurter les partenaires sociaux.