Après quatre mois de négociations intenses entre syndicats et patronat, le conclave sur les retraites s’est soldé lundi soir par un constat d’échec. La réunion de la dernière chance n’aura pas suffi à surmonter les divergences, notamment sur la reconnaissance de la pénibilité et les départs anticipés. Malgré l’absence d’accord, François Bayrou refuse de capituler. Ce mardi matin, le Premier ministre a convoqué à Matignon les partenaires sociaux pour tenter une ultime médiation.
La réforme voulue par Bayrou, présentée comme un nouveau modèle de dialogue social, se heurte à l’intransigeance du Medef sur les cotisations et à la fermeté des syndicats sur les droits à départ anticipé. La CFDT, la CFTC ou encore FO accusent le patronat d’avoir saboté les discussions, tandis que la CGT avait quitté la table dès mars. Pour l’exécutif, cet échec est d’autant plus délicat qu’il intervient dans un contexte politique sous haute tension. Jean-Luc Mélenchon, vent debout, appelle à une motion de censure commune des partis de gauche et accuse le PS d’avoir cautionné un processus « voué à l’échec ».
Bayrou entre pression parlementaire et pression sociale
François Bayrou, qui avait personnellement misé sur ce format innovant, se retrouve fragilisé à la fois par la base et par le Parlement. Sa promesse de présenter les conclusions du conclave devant l’Assemblée pourrait se transformer en piège. La droite se fait silencieuse mais guette un faux pas, tandis que la gauche radicale sent l’opportunité de porter un coup dur à la majorité. Dans une dernirère tentative de sauver la face, le Premier ministre insiste ce mardi matin sur la nécessité de « ne pas baisser les bras » et assure qu’un accord « historique » était proche.