Conclave au Vatican : un cardinal se retire et fustige la « soif de pouvoir »
Conclave au Vatican : un cardinal se retire et fustige la « soif de pouvoir »

À quatre jours de l’ouverture du conclave, le cardinal Cristóbal López Romero, archevêque de Rabat, a annoncé publiquement son retrait de la course à la papauté. Dans une déclaration aussi rare que fracassante, le prélat espagnol de 72 ans, réputé proche du pape François, a affirmé dans le quotidien Il Messaggero qu’il ne voulait « absolument pas » du poste. « Si je suis élu, je m’enfuis en Sicile », a-t-il même plaisanté, dénonçant au passage « ceux qui désirent cette fonction par soif de pouvoir ».

Un conclave sous tension et sous surveillance

Ce désistement inattendu intervient alors que les cardinaux multiplient les réunions préparatoires, appelées « congrégations générales », en amont du conclave qui s’ouvrira mercredi dans la chapelle Sixtine. 177 cardinaux ont déjà pris part aux discussions, dont 127 électeurs âgés de moins de 80 ans. Le profil du futur pape reste flou, mais un vœu a émergé parmi les prélats : celui d’un pape « prophétique », capable de guider une Église confrontée à une perte d’influence dans un monde en quête d’espérance.

Alors que les tractations s’intensifient, certains observateurs redoutent une ambiance lourde, marquée par les tentatives d’ingérence, les rumeurs de complot et les rivalités entre factions progressistes et conservatrices. Pour l’archevêque d’Alger Jean-Paul Vesco, classé parmi les réformateurs, il faut « découvrir celui que le Seigneur a déjà choisi », tout en admettant qu’aucun cardinal ne se sent jamais vraiment prêt pour un tel moment.

Le scrutin, strictement confidentiel, se déroulera à huis clos. Dès qu’un candidat aura obtenu la majorité des deux tiers, la fumée blanche s’échappera de la chapelle, annonçant au monde l’élection d’un nouveau chef spirituel pour 1,4 milliard de catholiques.

Partager