Face à Hugo Clément, Léa Salamé et plusieurs experts de l’environnement, Emmanuel Macron s’est livré mardi soir sur France 2 à un exercice de communication soigneusement orchestré autour de la protection des océans. L’émission spéciale, diffusée en pleine conférence internationale à Nice, a donné lieu à plusieurs annonces politiques et moments de tension. Voici les principaux enseignements.
Le chef de l’État a ouvert l’émission par un hommage à Mélanie G., surveillante poignardée à mort par un élève à Nogent. Il a saisi l’occasion pour défendre deux mesures chocs : l’interdiction d’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, à défaut d’un accord européen, et l’interdiction de la vente de couteaux aux mineurs sur Internet. Emmanuel Macron a promis des sanctions financières « massives » pour les plateformes qui ne respecteraient pas ces futures règles.
Altercation avec Hugo Clément sur le cas Castaner et Shein
L’un des moments les plus tendus de l’émission est survenu lorsque Hugo Clément a interrogé le président sur la reconversion de Christophe Castaner, ex-ministre de l’Intérieur, devenu conseiller du géant chinois Shein, régulièrement accusé de pollution et de recours au travail forcé. Visiblement irrité, Emmanuel Macron a balayé la question : « C’est un peu nul ce que vous faites, non ? » Il a néanmoins défendu son ancien ministre, évoquant son rôle à la tête du Grand Port de Marseille pour sa décarbonation.
Un appel mondial contre le plastique et pour la protection des océans
Sur le fond environnemental, Macron a salué la signature par 95 pays de l’appel de Nice pour réduire l’usage des plastiques primaires. Il a réaffirmé son ambition de porter cet objectif devant la communauté internationale lors des négociations à Genève en août. Le président a aussi annoncé la création de nouvelles aires maritimes protégées, avec un bond de 4 à 14 % de zones placées sous protection forte.
Le chef de l’État s’est également félicité de l’accord imminent sur le traité de la haute mer. Plus de 60 pays se sont engagés à le ratifier d’ici septembre. Ce texte juridiquement contraignant, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2026, vise à protéger la biodiversité en haute mer, à réguler la pêche, l’exploitation minière sous-marine et la pollution.
Paul Watson demande l’asile politique, Macron ouvre la porte
Enfin, moment inattendu : l’activiste écologiste Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, a profité de l’émission pour demander l’asile politique à la France. Arrêté sur mandat japonais et récemment libéré, il aurait, selon Macron, « toutes les conditions » pour l’obtenir. Un geste fort, que le président a accueilli avec une bienveillance manifeste.
Durant plus de deux heures, Emmanuel Macron a tenté d’incarner le capitaine d’un navire écologique français à la dérive mais toujours combatif.