Berlin scelle une coalition inédite pour faire face aux défis allemands et européens
Berlin scelle une coalition inédite pour faire face aux défis allemands et européens

Un mois et demi après les législatives, l’Allemagne s’apprête à tourner une page politique majeure. Le chef des conservateurs Friedrich Merz a officialisé, ce mercredi 9 avril, la formation d’un gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates du SPD, malgré la débâcle électorale de ces derniers. Cette alliance inédite entre le centre-droit et le centre-gauche vise à sortir le pays de la récession, à contenir la montée de l’extrême droite et à affirmer une nouvelle indépendance stratégique face aux États-Unis.

La feuille de route du nouvel exécutif repose sur trois piliers : une politique migratoire durcie, un soutien renforcé à l’Ukraine et un investissement massif dans la défense. Le futur chancelier Friedrich Merz a promis d’interrompre les naturalisations précoces, de suspendre le regroupement familial et de mettre fin à l’immigration irrégulière. En parallèle, l’accord prévoit un soutien « complet » à Kiev et une montée en puissance budgétaire pour la Bundeswehr, libérée partiellement du carcan du frein à l’endettement.

Cap sur la souveraineté et la compétitivité

Le contrat de coalition de 140 pages, négocié en un mois par près de 200 délégués, engage aussi Berlin à bâtir une nouvelle autonomie stratégique européenne. L’introduction d’un service militaire volontaire, la constitution d’un fonds hors budget de 500 milliards d’euros pour les infrastructures, et des dépenses militaires appelées à dépasser les 2 % du PIB sont au cœur de cette transformation. Merz défend également une réponse collective face aux mesures protectionnistes de Donald Trump, et souhaite repositionner l’Allemagne en pilier économique et politique de l’UE.

Sur le plan économique, le programme prévoit une baisse progressive de l’impôt sur les sociétés, des réductions ciblées de l’impôt sur le revenu et une baisse du coût de l’énergie pour les entreprises. Les hausses fiscales sur les plus aisés, initialement portées par le SPD, sont abandonnées. L’objectif est clair : redynamiser la compétitivité allemande et relancer l’emploi.

L’accord doit encore être validé par les membres de la CDU, de la CSU et du SPD d’ici fin avril. L’élection de Friedrich Merz comme chancelier est prévue début mai, juste avant les commémorations du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une entrée en fonction hautement symbolique pour une coalition qui ambitionne de refonder l’influence allemande en Europe et sur la scène internationale.

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