Sécurité à Lyon : la rupture assumée entre LFI et les Verts
Sécurité à Lyon : la rupture assumée entre LFI et les Verts

La France insoumise promet, en cas de victoire aux municipales de 2026 à Lyon, de désarmer la police municipale et de démonter les caméras de vidéosurveillance. La ligne est claire, radicale, et surtout en rupture avec celle des écologistes qui gèrent actuellement la ville. En toile de fond : une bataille idéologique pour redéfinir les contours de la sécurité urbaine à gauche. Anaïs Belouassa-Cherifi, députée LFI de la première circonscription du Rhône et probable candidate à la mairie, entend mettre fin à une politique jugée « sécuritaire » par son camp. L’objectif affiché : remplacer la police municipale armée par une police de proximité, désarmée, placée sous double autorité (maire pour la fonctionnelle, préfet pour l’opérationnelle). L’autre cheval de bataille des insoumis concerne les caméras de vidéosurveillance, qualifiées de « liberticides, inefficaces et coûteuses ». Le mouvement revendique une ville débarrassée de ses 571 dispositifs actuels, alors même que leur nombre est appelé à croître d’ici 2026.

Les écologistes persistent et signent sur la vidéosurveillance

À l’hôtel de ville, la riposte est mesurée mais ferme. Mohamed Chihi, adjoint à la Sécurité du maire écologiste Grégory Doucet, assume le maintien de l’armement des policiers municipaux. Il considère cet équipement indispensable dans une ville comme Lyon, où les interventions peuvent impliquer un « niveau de dangerosité élevé ». Sur les caméras, l’élu défend une stratégie ciblée, loin selon lui du « tout-caméra ». Pourtant, la réalité contredit cette modération affichée : 64 caméras supplémentaires sont en cours d’installation autour de sites stratégiques comme la gare Part-Dieu ou les lieux de culte.

Le contraste avec la ligne LFI est net

Les deux partenaires de gauche refusent cependant d’y voir une fracture. Mohamed Chihi évoque des « débats sains » et revendique un socle commun axé sur la prévention. Reste que la gauche lyonnaise avance désormais sur deux chemins parallèles. D’un côté, LFI dénonce un virage sécuritaire aux accents technocratiques. De l’autre, les Verts cherchent un équilibre entre tranquillité publique et libertés individuelles. Dans ce contexte, les électeurs lyonnais se verront offrir un large spectre de visions sécuritaires en 2026, du désarmement total au tout-vidéosurveillance promis par la droite de Pierre Oliver. Reste à savoir laquelle convaincra dans une ville à la fois marquée par une tradition progressiste… et soucieuse de son quotidien.

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