Scandale de corruption en Argentine : la sœur de Milei au cœur d’enregistrements explosifs (AP Photo/Natacha Pisarenko)
Scandale de corruption en Argentine : la sœur de Milei au cœur d’enregistrements explosifs (AP Photo/Natacha Pisarenko)

L’Argentine est secouée par une affaire de corruption qui menace directement le président Javier Milei. Des enregistrements audio secrets diffusés par une chaîne locale accusent Karina Milei, sœur du président et secrétaire générale de la présidence, d’avoir touché des pots-de-vin liés à des contrats pharmaceutiques. Selon les fuites, des sommes allant jusqu’à 800 000 dollars auraient circulé via le directeur de l’Agence nationale du handicap, Diego Spagnuolo, un proche du président récemment limogé. Milei dément en bloc et dénonce une manœuvre politique orchestrée par l’opposition.

Une affaire qui ébranle le cœur du pouvoir

La crise a pris une dimension plus grave lorsque de nouveaux enregistrements, cette fois réalisés au sein même du palais présidentiel, ont révélé des conversations de Karina Milei. Officiellement anodins, ces extraits ont suffi à déclencher une offensive judiciaire : descentes de police dans des rédactions, saisies de matériel et interdiction de publier tout nouvel enregistrement depuis la Casa Rosada. Des mesures immédiatement dénoncées par les ONG comme une atteinte sans précédent à la liberté de la presse depuis la fin de la dictature. Le pouvoir a même insinué une possible implication de services de renseignement russes, suscitant une réaction outrée de Moscou.

La fragilité de Javier Milei est accentuée par le rôle central de sa sœur, décrite comme « El Jefe », la véritable patronne de son entourage politique. Jadis simple pâtissière et tarologue, elle gère aujourd’hui les nominations, l’agenda présidentiel et les finances du parti. Déjà éclaboussée plus tôt dans l’année par une affaire de cryptomonnaie effondrée après avoir été promue par le président, Karina Milei est désormais ciblée par des slogans corrosifs repris dans les rues et jusque dans les clubs de Buenos Aires.

À l’approche des élections de mi-mandat prévues en octobre, cette affaire ternit l’image d’un président élu comme outsider contre « la caste corrompue » qu’il prétendait combattre. Pour de nombreux analystes, Milei se retrouve face à son talon d’Achille : son refus de prendre ses distances avec sa sœur, devenue l’incarnation d’un système qu’il avait promis d’éradiquer.

Partager