Quand la politique s’écrit en images - le Prix de la photo politique s’impose comme un rendez-vous marquant
Quand la politique s’écrit en images - le Prix de la photo politique s’impose comme un rendez-vous marquant

Chaque année, l’Assemblée nationale récompense un regard photographique unique sur la vie politique française. À mi-chemin entre l’art et le témoignage, le Prix de la photographie politique Assemblée nationale – LCP salue le travail d’un photographe ayant su capturer un moment fort lié à l’actualité politique de l’année. Pour sa troisième édition, le concours met une nouvelle fois en lumière la puissance du visuel dans le récit démocratique.

Un concours ouvert à tous, dans l’hémicycle et dans la rue

Créé en 2023, ce prix distingue une photographie prise entre octobre 2024 et septembre 2025, reflétant une actualité politique marquante ou ses protagonistes. Le jury, coprésidé par Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, et Jean-Luc Monterosso, cofondateur de la Maison européenne de la photographie, est composé de seize membres : huit députés et huit personnalités issues des médias ou du monde de l’image.

Parmi une centaine de candidatures, onze finalistes ont été retenus cette année. Leurs œuvres sont exposées tout le mois de décembre 2025 dans la salle des Pas perdus du Palais Bourbon, en accès libre pour les visiteurs de l’Assemblée.

Le lauréat 2025, Sébastien Leban, a été récompensé pour son cliché du ministre de l’Économie Éric Lombard, saisi entre deux prises de vue, tentant de s’abriter sous un parapluie sur l’héliport surchauffé de Bercy. Il a reçu une dotation de 2 000 euros, remise lors d’une cérémonie organisée le 16 décembre à l’Hôtel de Lassay, en présence du jury.

Une sélection de clichés au cœur de la vie démocratique

La sélection finale offre un panorama saisissant de la diversité des scènes politiques capturées par les objectifs. Certains photographes, comme Eliot Blondet ou Sébastien Toubon, ont suivi les figures de l’exécutif lors de déplacements officiels. D’autres, comme Alexis Jumeau, ont immortalisé des moments clés du calendrier parlementaire, comme l’annonce de l’usage du 49.3.

La photographe Mathilde Kaczkowski, finaliste de cette édition, a quant à elle choisi un tout autre terrain : la rue. Son cliché saisit un groupe de manifestantes lors d’une mobilisation contre les violences sexistes et sexuelles à Paris, en novembre 2024, en plein procès des viols de Mazan. Le groupe exécute une chorégraphie inspirée du célèbre hymne féministe chilien Un violeur sur ton chemin, pointant du doigt l’objectif en scandant « Le coupable, c’est toi ». Une image puissante, entre colère et sororité, que l’autrice décrit comme « un hommage aux luttes qui naissent aussi dans la rue », comme elle l’a raconté à France 3 Champagne-Ardenne.

Fait notable cette année : un Prix amateur a également été attribué pour la première fois. Il a été décerné à Ancelin Faure, pour une photo capturant l’atmosphère intense de la “Marche des Résistances” à Paris, le 28 septembre 2025.

Porté par le partenariat entre l’Assemblée nationale et la chaîne parlementaire LCP, le Prix de la photographie politique vise à ancrer l’image comme vecteur de mémoire citoyenne, dans un monde saturé de discours. Une démarche qui rappelle que, parfois, une photo suffit à dire le politique.

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