L’argent de l’UE dans la poudrière idéologique : la France dénonce
L’argent de l’UE dans la poudrière idéologique : la France dénonce

Subventions, islamisme, antisémitisme : Paris hausse le ton. Dans une note officielle portée par Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, la France demande des comptes à Bruxelles après la révélation de financements européens attribués à des entités accusées de promouvoir des discours contraires aux valeurs fondamentales de l’Union.

Des millions pour des associations controversées

L’affaire éclate après une série de révélations de nos confrères du Figaro : plusieurs millions d’euros de subventions européennes auraient été versés à des structures soupçonnées d’islamisme radical ou d’antisémitisme. Dans le viseur : le Forum des organisations européennes musulmanes de jeunes et d’étudiants (FEMYSO), réputé proche des Frères musulmans, qui a perçu plus de 210 000 euros de Bruxelles. En novembre 2021, sa présidente accusait même la France de « racisme » dans une vidéo polémique. Autre cas sensible : l’ONG Islamic Relief Worldwide, active dans l’humanitaire, mais classée « organisation terroriste » par Israël pour ses liens supposés avec le Hamas. Elle a reçu plus de 18 millions d’euros de l’UE entre 2014 et 2020. L’un de ses responsables avait qualifié les juifs de « petits enfants de singes et de porcs », un autre avait encensé le Hamas. S’ajoutent les 12 millions versés à l’université islamique de Gaziantep, en Turquie, dont les responsables ont justifié les mariages incestueux ou encore insulté les athées et les homosexuels. Sans oublier l’université islamique de Gaza, décrite comme un fief idéologique du Hamas.

Vers un filtrage plus strict des fonds européens

Face à ces cas, la France demande un changement de méthode. La note transmise à la Commission propose de créer un mécanisme de filtrage des bénéficiaires de subventions, basé sur des lignes directrices plus rigoureuses. Aujourd’hui, seules les entités elles-mêmes sont scrutées : pas les individus qui les dirigent, ni leurs sources de financement. Une faille que la Cour des comptes européenne dénonçait déjà en avril dernier, dans un rapport accablant. Paris pousse aussi à étendre la liste des « eurocrimes » – infractions particulièrement graves pour l’Union – afin d’y inclure les discours de haine et l’antisémitisme. Elle appelle à utiliser les leviers du règlement sur les services numériques (DSA) pour réguler les plateformes en ligne, et milite pour un enseignement systématique de la mémoire de la Shoah dans les écoles européennes. La note sera d’abord discutée avec la ministre autrichienne des Affaires européennes, Claudia Plakolm, puis présentée officiellement au Conseil des affaires générales, qui réunit chaque mois les ministres européens. Reste à savoir si Bruxelles écoutera vraiment Paris – ou si ce cri d’alerte s’éteindra comme celui de l’opposition, dont le courrier adressé à Ursula von der Leyen est resté sans réponse.

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