Lors d’un déplacement à Briançon ce vendredi, à l’occasion d’une visite des futurs sites des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030, François Bayrou a surpris son auditoire en taclant son prédécesseur, Michel Barnier, désormais conseiller spécial du Comité d’organisation des JO.
S’exprimant à l’issue d’une réunion du comité interministériel chargé de superviser la préparation de l’événement, Bayrou a affirmé vouloir maintenir une discipline budgétaire stricte autour du projet : « Il n’est pas question que ces Jeux coûtent un euro de plus que ce qui a été prévu », a-t-il déclaré devant la presse, en écho aux récentes polémiques sur les dépassements budgétaires des grands événements sportifs.
Mais c’est une remarque plus personnelle qui a retenu l’attention. En s’adressant à Michel Barnier, qu’il a désigné comme « le parrain du comité d’organisation », Bayrou s’est lancé dans une comparaison ironique : « Le mot parrain n’est pas à entendre au sens mafieux… Mais enfin, vous auriez fait un parrain de mafia très présentable », a-t-il lancé, sourire en coin.
La formule a fait réagir dans les rangs présents, entre amusement et embarras. Michel Barnier, ancien Premier ministre et plusieurs fois ministre sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, n’a pas publiquement répondu à la remarque, mais selon des témoins, son visage se serait légèrement fermé.
Cet épisode intervient dans un contexte de fortes tensions autour de la maîtrise des coûts et de l’impact environnemental des Jeux d’hiver de 2030, qui doivent se dérouler en région Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Michel Barnier, originaire de Savoie et ancien président du conseil départemental, est un acteur influent de ce projet porté par la France, officiellement désignée pays hôte par le CIO en juin 2024.
Les propos de François Bayrou, bien que teintés d’humour, illustrent un certain agacement sur la manière dont le projet est piloté. Il a insisté sur le fait que l’État « resterait vigilant » quant à la gestion des fonds publics. Une déclaration qui s’inscrit dans le sillage des critiques adressées aux Jeux de Paris 2024, dont le budget a été révisé à la hausse à plusieurs reprises.