L’Assemblée nationale s’apprête à débattre d’une proposition de loi transpartisane visant à permettre aux salariés de donner leur sang, leurs plaquettes ou leur plasma sur leur temps de travail, sans impact sur leur rémunération. Ce geste solidaire, essentiel face à la pénurie de dons en France, pourrait ainsi devenir plus accessible à des millions de Français actifs.
Une mesure incitative face à une pénurie croissante
Portée par le député des Ardennes Pierre Cordier, apparenté Les Républicains, la proposition de loi entend répondre à un constat alarmant : les dons de plasma, en particulier, sont insuffisants pour répondre aux besoins nationaux. « Aujourd’hui, la France importe 65 % de son plasma des États-Unis, pour un coût de 400 millions d’euros », alerte le parlementaire. Le texte, déjà soutenu par plusieurs groupes politiques, doit être examiné mardi soir ou mercredi, en fonction de l’ordre des débats. Dans le détail, le projet de loi prévoit que les salariés puissent s’absenter pendant une heure à une heure et demie pour se rendre dans un centre de collecte ou une unité mobile. L’absence devra être notifiée à l’employeur au moins trois jours à l’avance, et le nombre de dons par an sera limité. Il s’agit d’alléger la contrainte de l’emploi du temps, souvent invoquée comme frein au don, tout en veillant à la bonne organisation des entreprises.
Des conditions strictes pour éviter les abus
L’employeur restera décisionnaire dans des cas particuliers, notamment si l’absence du salarié met en péril le bon fonctionnement de l’activité. Un professeur en plein cours ou un boulanger en période de fêtes ne pourra, par exemple, s’absenter sans conséquence. Le dispositif, fortement encadré, se veut à la fois incitatif et pragmatique. La mesure, si elle est adoptée, pourrait renforcer la mobilisation citoyenne autour du don du sang et réduire la dépendance française aux importations étrangères, tout en affirmant un droit à la solidarité active dans le cadre du travail.