Édouard Philippe a tenu à clarifier sa position devant près de 700 élus réunis au Congrès des maires de France. Critiqué pour avoir appelé à un départ anticipé d’Emmanuel Macron début octobre, le président d’Horizons a rejeté toute volonté de déstabilisation. Selon lui, ce n’est pas sa sortie qui menace les institutions, mais l’impasse politique dans laquelle se trouve le pays depuis la dissolution ratée de l’Assemblée nationale.
L’ancien Premier ministre assure avoir parlé par « conviction » et non par calcul. Il dit comprendre que ses propos aient pu « surprendre » ou heurter les « fans absolus » d’Emmanuel Macron, mais affirme que la France est aujourd’hui incapable de mener « la moindre politique publique sérieuse », rendant inévitable un retour aux urnes. À ses yeux, seule la présidentielle permettra de « trancher » et de redonner une direction claire au pays.
Une confrontation devenue inévitable
Philippe a de nouveau critiqué la dissolution voulue par Emmanuel Macron, qu’il juge « à mauvais escient » et directement responsable du blocage institutionnel. Il a rappelé l’exemple de 1969, lorsque de Gaulle a démissionné après la perte d’un référendum : « Un départ ordonné, qui fixe la barre assez haut ». Se défendant d’aggraver la crise, il martèle que l’immobilisme actuel, à Bruxelles comme à Paris, est la vraie menace pour la stabilité des institutions.
Dans le même temps, le président d’Horizons a salué l’unité de ses députés, qui ont voté contre la suspension de la réforme des retraites, tout en envoyant un avertissement clair au gouvernement sur le budget. Le parti, explique-t-il, doit désormais se concentrer sur les municipales de 2026 pour renforcer son implantation locale et peser dès le lendemain dans la bataille présidentielle.