À quelques jours de la reconnaissance officielle par la France d’un État palestinien, la polémique enfle autour des appels du Parti socialiste à hisser le drapeau palestinien sur les mairies. Le ministère de l’Intérieur, dirigé par Bruno Retailleau, a tranché : il a demandé aux préfets de bloquer toute initiative de ce type, jugée contraire au principe de neutralité du service public.
Retailleau recadre les maires tentés par une dérive militante
Dans un télégramme adressé aux préfets, Place Beauvau rappelle que « le principe de neutralité interdit de tels pavoisements » et exige que toute décision en ce sens soit immédiatement portée devant la justice administrative. Pour Bruno Retailleau, il s’agit de préserver la République d’une instrumentalisation politique des symboles officiels, là où certaines municipalités voudraient transformer leurs façades en tribunes militantes.
Cette fermeté intervient après l’appel d’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, qui avait incité les mairies à déployer les couleurs palestiniennes le 22 septembre. Une démarche qualifiée de « clientéliste » et de « démagogique » par plusieurs élus, qui y voient une tentative d’importer le conflit israélo-palestinien dans l’espace public français.
En imposant une ligne claire, Bruno Retailleau entend rappeler que les mairies appartiennent à tous les citoyens et non à un camp politique. À la veille d’une décision diplomatique majeure, l’État veut éviter toute confusion entre reconnaissance internationale et militantisme partisan.