Le 6 septembre 1683, Jean-Baptiste Colbert s’éteint à Paris, à l’âge de soixante-quatre ans. Issu d’une famille de marchands drapiers de Reims, il avait gravi un à un les échelons de l’administration royale pour devenir l’un des ministres les plus influents de Louis XIV. Fidèle serviteur du roi, il incarna la rigueur financière et le sens de l’État, mais aussi les excès d’un système qui fit peser de lourds impôts sur les plus humbles.
L’architecte des finances royales
Colbert débute comme simple commis avant d’être remarqué par le cardinal Mazarin, qui lui confie la gestion de sa fortune. À la mort du ministre en 1661, Colbert s’impose auprès du jeune Louis XIV en dénonçant les malversations de son rival Fouquet, arrêté puis disgracié. Devenu contrôleur général des finances en 1665, il réforme la collecte de l’impôt, lutte contre la corruption et cherche à accroître la puissance économique de la France. Inspiré par le mercantilisme, il encourage les manufactures de luxe, fonde des compagnies de commerce et soutient la marine marchande. Cette politique, connue sous le nom de colbertisme, fait rayonner l’industrie française en Europe.
Un ministre controversé
Mais cette réussite a un revers. Pour financer les guerres incessantes du Roi-Soleil, Colbert alourdit les charges fiscales qui accablent paysans et artisans. Son action en matière coloniale reste également entachée par l’élaboration du cadre juridique qui conduira, deux ans après sa mort, à la promulgation du tristement célèbre Code noir. Épuisé par les critiques et miné par la maladie, Colbert meurt en 1683, convaincu que Louis XIV l’a délaissé. Il est inhumé en l’église Saint-Eustache à Paris. Malgré ses zones d’ombre, il demeure l’une des grandes figures de l’État monarchique, symbole d’un dévouement total au service du roi et de la grandeur de la France.